Les prix de la brique invariablement à la hausse

09 Décembre 2017 Par Jean-Michel Lalieu
Julien Licheron Liser Observatoire de l'habitat
Julien Licheron n’imagine pas de renversement de tendance sur le marché résidentiel.
(Photo: Olivier Minaire / archives)

Paperjam dresse le bilan de l’année immobilière avec des responsables du secteur. Première étape avec l’analyse de Julien Licheron, chercheur au Liser et coordinateur de l’Observatoire de l’habitat, sur l’évolution de l’immobilier résidentiel.

Monsieur Licheron, quel bilan tirez-vous de l’année 2017 au niveau de l’immobilier résidentiel au Luxembourg?

«Globalement, on peut dire que l’année qui se termine a connu les mêmes tendances que les précédentes, avec des prix qui poursuivent leur ascension. Il y a quand même deux particularités à pointer pour 2017. La première, c’est que les prix ont encore grimpé plus vite que les années précédentes. Alors qu’on était sur une de tendance de 4,5% à 5% de hausse par an, en 2017, elle sera de 6%. Deuxièmement, on perçoit aussi une augmentation du nombre de logements planifiés et une petite hausse du nombre de logements construits.

Comment expliquer cette progression plus soutenue des prix?

«La demande a à nouveau été particulièrement soutenue tout au long de l’année, avec un solde migratoire encore supérieur aux années précédentes. Ajoutons à cela des taux d’intérêt bas et une croissance économique soutenue.

La hausse de la construction de logements pourrait être suffisante pour avoir un effet sur les prix?

«Les besoins en logements sont supérieurs à 6.000 unités par an. On reste donc très en dessous de cette barre actuellement. On peut espérer que le fossé entre l’offre et la demande se résorbe un peu, mais je doute qu’on puisse rapidement rencontrer les besoins.

Finalement, d’une année à l’autre, pas grand-chose ne change...?

«Non, c’est clair. À part peut-être le discours politique sur le sujet. On sent un changement à ce niveau depuis deux ou trois ans. L’accent est désormais placé en priorité sur la hausse de l’offre en tant qu’objectif politique principal. De plus en plus, on sent aussi une prise de conscience du fait qu’il n’existe pas de solution miracle pour infléchir la tendance, et que la solution ne pourra venir que d’un ensemble de petites solutions.

Lesquelles?

«Les types de logements doivent être adaptés à un public hétérogène. L’Agence immobilière sociale, qui agit dans ce sens, a d’ailleurs connu un important succès. Il faut ensuite trouver des solutions pour le financement du logement. Je pense notamment à l’initiative pour permettre au Fonds de compensation de financer des logements intermédiaires, entre le loyer social et le privé. Il faut enfin travailler au niveau de la production de logements, en impliquant, pourquoi pas, des promoteurs privés dans la production de logements sociaux.

En attendant, 2018 ne sera donc pas très différente des années précédentes?

«Non, il est vraiment très difficile d’imaginer une situation qui évoluerait fortement d’une année à l’autre. On restera sur la même tendance. Mais ce qui est certain, c’est qu’au cours de cette année d’élections, on parlera beaucoup du problème du logement.»

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