Les bienfaits de la réforme fiscale en Amérique

23 Septembre 2018 Par Fredrik Skoglund (BIL)
Fredrik Skoglund est chief investment officer à la Banque internationale à Luxembourg.
Fredrik Skoglund est chief investment officer à la Banque internationale à Luxembourg.
(Photo: BIL)

Chaque semaine, Paperjam vous propose le regard d’un chef économiste d’une institution bancaire ou financière sur l’actualité des marchés et de l’économie. Aujourd’hui, Fredrik Skoglund, chief investment officer à la Banque internationale à Luxembourg, donne son point de vue sur l’économie américaine.

La réforme fiscale des Républicains, qui prévoyait des réductions d’impôt d’environ 1.500 milliards USD, a eu l’effet d’une décharge d’adrénaline sur l’économie américaine, dont les effets sont encore perceptibles. Depuis la publication de notre dernière analyse macroéconomique sur les États-Unis, l’économie américaine a continué de montrer sa force, la croissance du PIB au deuxième trimestre progressant à 4,2%, soit la meilleure performance depuis presque quatre ans.

La croissance est alimentée par les consommateurs américains, les dépenses de consommation représentant deux tiers de l’activité économique du pays. Les niveaux de confiance des consommateurs sont au plus haut depuis 18 ans. Fin juillet, le taux d’épargne américain, de 2013 à 2017, a été revu à la hausse, passant de 5% à 7%.

Cette nouvelle a dissipé en partie certaines craintes parmi les économistes, selon lesquelles la pression subie par les consommateurs les obligerait à réduire leurs dépenses afin de pouvoir mettre plus d’argent de côté. Si le regain de confiance des consommateurs les conduit à relâcher les cordons de leur bourse, les résultats globaux des entreprises américaines devraient continuer d’augmenter.

Cela ne signifie toutefois pas qu’il n’y aura pas d’effet néfaste à l’avenir.

Fredrik Skoglund, chief investment officer à la Bil

Jusqu’à présent, il semble que la poussée protectionniste de la Maison Blanche n’ait pas pénalisé le secteur manufacturier américain. En août, l’indice ISM manufacturier s’est envolé pour en atteindre un plus haut sur 14 ans (61,3). La réforme fiscale dope la demande, et la vigueur inhabituelle de l’indice ISM suggère que les politiques protectionnistes de Donald Trump n’ont pas d’impact négatif significatif et sont même susceptibles de donner un coup de pouce aux entreprises à court terme.

Cela ne signifie toutefois pas qu’il n’y aura pas d’effet néfaste à l’avenir: le déficit commercial des États-Unis par rapport à la Chine a d’ores et déjà atteint un niveau inégalé, les exportations à destination de l’empire du Milieu plongeant de 8,2% en juillet.

En considérant les sociétés américaines dans leur ensemble, la saison des bénéfices du deuxième trimestre a cependant révélé que l’activité des entreprises reste très soutenue. La croissance des bénéfices de l’indice S&P 500 est ressortie à 25,5% au deuxième trimestre, soit son plus haut niveau depuis le troisième trimestre 2010 (34,1%), tandis que la croissance des ventes a atteint 9,5%.

L’escalade des tensions sino-américaines en une guerre commerciale totale représente un autre risque.

Fredrik Skoglund, chief investment officer à la Bil

Dans le sillage de ces résultats exceptionnels, les indices américains ont enchaîné les sommets. Désormais, deux sociétés cotées aux États-Unis, Apple et Amazon, affichent une capitalisation boursière de 1.000 milliards USD. À titre de comparaison, seuls 16 pays enregistrent un PIB supérieur à ce chiffre.

Si les fondamentaux confirment la bonne santé de l’économie américaine pour l’heure, l’éventail des scénarios possibles s’est élargi. D’un côté, la Fed pourrait faire preuve de retenue, permettant à l’économie (et à l’inflation) de surchauffer, mais d’un autre côté, elle pourrait augmenter ses taux de manière trop agressive, avec le risque de brider la croissance.

Actuellement, deux relèvements de taux supplémentaires sont prévus pour 2018, soit un total de quatre pour l’année. Cependant, certains analystes estiment que la Fed est en retard et reste trop accommodante compte tenu de l’abondance des liquidités dans le système. L’escalade des tensions sino-américaines en une guerre commerciale totale représente un autre risque. Pour la National Association of Manufacturers (Association nationale des fabricants) des États-Unis, «personne ne gagne une guerre commerciale» et il est peu probable que les belligérants en sortent indemnes.

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