Les bastions à surveiller

08 Octobre 2017 Par François Aulner
Alors que les votes des communales sont comptés, tous les regards sont fixés sur ces bastions des différents partis traditionnels.

Lors de ce scrutin du 8 octobre, 286.683 électeurs renouvellent les conseils communaux dans 103 communes. Tandis que dans certaines communes le changement est improbable, dans d’autres, tout est possible.

À un an des législatives, les élections communales de ce dimanche seront suivies de près par la classe politique. Outre la répartition des mandats au niveau national, les partis traditionnels espèrent défendre leurs bastions: le DP dans la capitale notamment, le LSAP à Esch-sur-Alzette et de nombreuses autres localités du Sud ainsi que Diekirch. Le CSV tentera de renverser la tendance négative tandis que Déi Gréng joue gros à Differdange.

Les moindres changements dans la répartition des mandats pourraient donner lieu à de nouvelles formations de coalition, ou alors mettre un terme à des constellations actuelles qui reposent sur des majorités fragiles. 

La capitale

Luxembourg-ville, de loin la plus grande ville du Grand-Duché avec 115.000 habitants, est le trophée des élections communales. Forts de leurs 10 mandats sur 27, certes un de moins qu’avant 2011, on voit mal comment le DP et Lydie Polfer pourraient perdre leur fief.

En effet, s’il est vrai qu’ils sont nombreux à se plaindre des prix élevés du logement ou du trafic, les 34.000 électeurs dans la capitale ne partagent pas forcément les griefs des navetteurs luxembourgeois ou frontaliers. En ce qui concerne les prix immobiliers, les nombreux électeurs-propriétaires pourraient même s’en réjouir. Reste à savoir si les défis du commerce ou si un sentiment d’insécurité croissant, même si les responsables politiques ont reconnu et essayé de remédier au souci, influenceront le vote.

Tandis que leur partenaire de coalition actuel Déi Gréng compte 5 mandats, tout comme le parti d’opposition, le CSV, et que le LSAP en compte 4, une coalition déi Gréng-CSV-LSAP semble plus qu’improbable. L’enjeu dans la capitale sera plutôt l’analyse du résultat personnel de la bourgmestre par intermittence depuis 1982, Lydie Polfer, et savoir avec qui les libéraux formeront le collège échevinal pour les six prochaines années. Déi Gréng ou le CSV ?

Esch-sur-Alzette

Mais il n'y a pas que la capitale qui compte. Même si elle ne compte que 35.000 habitants, la deuxième ville du Grand-Duché, Esch-sur-Alzette, est le bastion du LSAP. Même si les socialistes ont accusé des pertes au cours de la fin du 20e siècle, ils ne rataient en 2011 que de près la majorité absolue, avec 10 sur 21 mandats.

Tandis que la bourgmestre Vera Spautz (LSAP) ne doit pas trop craindre de perdre son poste étant donné que le second parti, le CSV, ne compte que 4 mandats, le scrutin du 8 octobre permettra de mesurer la satisfaction des électeurs envers la politique du LSAP à Esch. La ville minière et frontalière a, comme de nombreuses autres localités au Luxembourg, de la peine à encadrer une forte croissance, qui engendre des problèmes de trafic et de logement.

Differdange

S’il ne faut pas s’attendre à trop de surprises à Esch ou dans la capitale, à Differdange, troisième ville du pays, tout est possible. Malgré ses 7 mandats obtenus en 2011, le DP perdait le siège du bourgmestre en 2014 lorsque Claude Meisch entrait au gouvernement. Son parti, sur fond de différences internes, ne parvenait pas à le remplacer et Roberto Traversini, de Déi Gréng, saisissait l’occasion pour former, avec seulement 3 mandats, une coalition avec le LSAP (4 mandats) et le CSV (3 mandats).

Le DP, sous l’impulsion de François Meisch (le frère de Claude Meisch), parviendra-t-il à limiter la casse? Déi Gréng, le LSAP et le CSV gagneront-ils du terrain, malgré de nombreuses critiques dans la ville du Sud concernant le logement, la privatisation d’installations communales comme la piscine, ou encore l’absence de parkings et de lycée classique promis depuis longtemps? Aux Differdangeois d’en juger dimanche.

Le LSAP en quête de revanche

Tout comme en 2011, Bascharage suscitera ce dimanche l’intérêt des observateurs. D’une part parce que le nombre d’élus sera réduit de 17 à 15, à la suite de la fusion de Bascharage avec Clemency en 2011. D’autre part, parce que l’initiative citoyenne de Clemency qui y obtenait 2 mandats, la «Biirger-Interessen Gemeng Kaerjheng», ne se représentera plus. La BIGK permettait en effet au CSV (5 mandats) de former une coalition à trois avec Déi Gréng (2 mandats) et de forcer le vainqueur du scrutin dans l’opposition, le LSAP, malgré ses 7 mandats.

Yves Cruchten (LSAP) entend bien prendre sa revanche, mais pour cela il faudrait savoir à qui iront les voix de la BIGK. Michel Wolter ayant été politiquement très habile en 2011, on peut se demander si Yves Cruchten réussira cette fois-ci à réagir plus vite.

Scénario quasi identique à Bettembourg où en 2011, le CSV de Laurent Zeimet, avec quatre mandats, formait un collège échevinal avec Déi Gréng (2 mandats) et le DP (1 mandat), forçant ainsi le LSAP (6 mandats) dans l’opposition.

Autour de la capitale

À Strassen, c’est le DP qui, avec 5 mandats sur 13, se faisait écarter par le LSAP (3 mandats), le CSV (3 mandats) et Déi Gréng (2 mandats). Le LSAP est affaibli, car un de ses échevins quittait le parti pour rejoindre déi Lénk.

Parmi les autres communes limitrophes de la capitale à garder à l’œil sont Hesperange et Walferdange. À Walferdange, d’aucuns estiment que la bourgmestre Joëlle Elvinger (DP) aura du mal à maintenir son parti aux commandes alors que Guy Arendt lui laissait la place fin 2015 pour devenir secrétaire d’État.

Moins de soucis du côté du CSV de Marc Lies à Hesperange, qui comptait 7 mandats à l’issue du scrutin de 2011. L’enjeu dans la commune au sud de Howald est la deuxième place, la meilleure position pour accompagner le CSV. Déi Gréng, qui a actuellement 3 mandants, pourra-t-il battre le DP qui en compte 4?

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