Les appétits s’aiguisent

07 Février 2018 Par Jean-Michel Lalieu
Bourse de Luxembourg
Lancée il y a déjà un peu plus de dix ans, la cotation d’obligations vertes est peu à peu devenue une spécialité locale et, aujourd’hui, la moitié des obligations vertes lancées au niveau mondial sont cotées au Luxembourg Green Exchange.
(Photo: Luc Deflorenne / archives)

Leader mondial de la finance verte, le Luxembourg est de plus en plus concurrencé par les grands centres financiers européens.

Les efforts du Luxembourg pour développer la finance verte, dans la foulée du sommet de Paris de 2015 sur le climat, obtiennent un certain écho. Luxembourg for Finance est ainsi parvenu à se faire inviter comme orateur lors du «FT climate finance summit» qui se tiendra à New York le 6 février prochain. Anouk Agnès, directrice générale adjointe de l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement (Alfi), participera à un panel qui se posera la question de savoir «comment faire de la finance climatique un courant dominant». Une belle opportunité pour le pays de faire connaître son savoir-faire, dont l’outil le plus visible est le Luxembourg Green Exchange, la bourse verte créée à l’automne 2016 en tant que première mondiale.

Lancée il y a déjà un peu plus de dix ans, la cotation d’obligations vertes est peu à peu devenue une spécialité locale et, aujourd’hui, la moitié des obligations vertes lancées au niveau mondial sont cotées au Luxembourg Green Exchange. Une position de leader reconnue par la firme PwC, qui a publié une étude en décembre sur le futur des places vertes et dont le Luxembourg est absent. Et pour cause, l’étude s’est contentée d’observer les places financières des pays du G7. Mais au moment de sa sortie, Jon Williams, associé en charge du changement climatique et du développement durable chez PwC au Royaume-Uni, a admis qu’il faudrait, à l’avenir, élargir l’étude pour intégrer le Luxembourg et la Chine, les deux grands absents (Source: Les Échos, 14 décembre 2017).

Dans cette étude, on voit en tout cas que les grandes places boursières, comme Paris, Zurich et Francfort, ne ménagent plus leurs efforts pour devenir des centres importants de la finance verte. Le mieux positionné actuellement est Francfort, qui a déjà émis pour un total de 21,8 milliards d’euros de green bonds – 63 milliards d’euros fin 2017 pour le Luxembourg. Paris suit avec 19 milliards d’émissions. Au niveau des émissions par pays, c’est la France qui pointe en numéro 1 avec un volume de 27,5 milliards d’euros déjà émis, notamment par ses grands énergéticiens EDF et Engie. Mais ici aussi, PwC reconnaît que la Chine aurait dû faire partie de l’étude, avec des émissions à hauteur de 13 milliards d’euros rien que sur l’année 2017.

Grands absents, le Luxembourg et la Chine travaillent cependant de plus en plus étroitement ensemble pour la promotion de ces outils de finance verte qui doivent fournir les moyens financiers nécessaires afin de lutter contre le réchauffement climatique.

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