Le trône du DP vacille un peu dans la capitale

09 Octobre 2017 Par Jean-Michel Hennebert

Principale force politique de Luxembourg-ville depuis la Seconde Guerre mondiale, les libéraux ont enregistré dimanche 8 octobre un score tout juste au-dessus de la barre des 30%. En 2005, le parti mené par Paul Helminger atteignait 35% des suffrages.

Si les jeux en termes d’alliance pour la prochaine législature dans la capitale restent ouverts, le DP se retrouve face à une situation compliquée. Non pas celle de devoir choisir son nouveau partenaire de coalition, mais celle de n’avoir d’autre choix que de devoir se renouveler dans un contexte d’érosion progressive de ses résultats. Et ce d’ici 2023, date des prochaines communales, mais aussi année d’élections législatives.

Car si le parti demeure encore et toujours la principale force politique de la capitale, son assise se réduit peu à peu. En 2005, sous la houlette de Paul Helminger, le DP enregistrait 35,86% des suffrages, loin devant le CSV (22,17%), Déi Gréng (17,33%) et le LSAP (16,22%). 12 ans plus tard, le score franchissait à peine le seuil des 30% (30,4%). Même phénomène pour la tête de liste qui, bien qu’étant une nouvelle fois la personnalité la mieux élue du pays, se trouve distancée par les scores enregistrés par le passé.

Avec 12.653 voix, Lydie Polfer atteint à titre personnel son meilleur résultat depuis 2005 — 12.090 voix en 2011 et 11.807 en 2005 — mais ne parvient pas à s’approcher de ceux obtenus par ses prédécesseurs. En 2011, Xavier Bettel avait ainsi récolté sous son seul nom 13.928 voix, soit 514 de plus que Paul Helminger. Ce dernier détient à ce jour le record avec 16.181 suffrages en 2005.

L’une des difficultés auxquelles est confronté le DP tient dans la place accordée aux jeunes générations au cours des derniers scrutins. Car si Xavier Bettel a joué le rôle, en 2011, de locomotive électorale, la relève devra encore attendre. Sur les neuf mandats obtenus dimanche soir par les libéraux, seuls deux sont décrochés par de nouvelles têtes — Tanja de Jager et Héloïse Bock. Tous les autres sont occupés par des personnalités en place au moins depuis 12 ans, telles que Simone Beissel, Colette Mart ou Claude Radoux. Les plus jeunes, à l’image de Marc Ruppert, secrétaire général du parti, n’ont pas réussi à être élus.

Ce phénomène d’érosion, lié notamment aux candidats, se retrouve d’ailleurs également chez le LSAP. Élue au conseil communal depuis 2005, tout comme Tom Krieps, la tête de liste Marc Angel assure désormais vouloir assumer le résultat et laisser la place à de nouvelles têtes. Une stratégie qui a porté ses fruits pour le CSV, dont trois des sept mandats obtenus sont occupés par des personnalités encore jamais présentes au sein du conseil communal.  

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