Le transfrontalier au cœur des élections à Virton

10 Octobre 2018 Par Jamila Boudou
Photo: Ville de Virton
Pour les élections du 14 octobre, on dénombre cinq listes à Virton: CDH, Liste citoyens, Écolo, Ensemble autrement (Parti socialiste) et IC+ (Intérêts Communaux).
(Photo: Ville de Virton)

En Belgique, nos voisins iront eux aussi voter ce dimanche 14 octobre, mais pour élire leurs élus communaux et provinciaux. Paperjam a sondé plusieurs candidats à Virton en matière de mobilité des résidents frontaliers.

Chaque jour, à Virton, 1.210 résidents franchissent la frontière pour se rendre au travail au Grand-Duché. L’augmentation de l’offre de train entre Virton et le Luxembourg, mais aussi la préservation de la gare de Virton et de son guichet qui est lui menacé de fermeture, font partie des préoccupations des candidats interrogés en matière de mobilité. Et ce en vue des élections communales en Belgique du 14 octobre.

«Virton a de la chance d’avoir toujours une gare en activité», explique Michel Thiry, candidat centriste du CDH (Centre démocrate humaniste) à Virton et ancien maire de la ville. «Mais le train doit être plus intéressant que la voiture. Or, dans la réalité, c’est tout le contraire», dénonce Christophe Gavroy, conseiller communal à Virton et tête de liste Écolo.

Quel avenir pour la gare de Virton?

Fin 2017, l’offre de train avait doublé en semaine. Mais ces derniers mois, les chantiers à répétition sur la ligne 165 entre Virton-Athus/Rodange-Arlon n’ont pas facilité la vie des frontaliers.

«Les CFL ont arrêté le train direct à cause des travaux entrepris par Infrabel (le gestionnaire des infrastructures ferroviaires en Belgique, ndlr)», explique Vincent Wauthoz, échevin de la mobilité et candidat de droite du MR (Mouvement réformateur) sur la liste IC+.

«Les gens qui venaient prendre le train à Virton ont pris leurs dispositions. Ils prennent la voiture ou le train ailleurs, à Athus notamment», ajoute Christophe Gavroy. En juin dernier, Virton aurait perdu 75% de ses voyageurs, selon des chiffres communiqués par nos confrères de la DH.

Pour attirer plus de frontaliers dans notre commune, nous devons rendre notre gare et notre ville plus attrayantes.

François Culot, maire de Virton et candidat sur la liste IC+

Les candidats tirent donc la sonnette d’alarme auprès des instances supérieures de la Belgique, la politique ferroviaire étant du ressort de l’État, et non des communes.

«Si on veut attirer plus de frontaliers dans notre commune, nous devons rendre notre gare et notre ville plus attrayantes», détaille François Culot, maire de Virton et candidat à sa propre succession le 14 octobre sur la liste IC+ (Ndlr: liste de centre-droite). «En plus de l’ouverture de notre nouvelle piscine, nous avons entrepris la rénovation de notre centre-ville, pour attirer de nouveaux commerces, et nous souhaitons également proposer de nouveaux terrains à bâtir.»

Harmoniser les prix

Pour Écolo, l’augmentation de l’attrait de la gare de Virton doit passer par l’harmonisation des tarifs. «Les gens prennent le train à Rodange, car c’est plus avantageux financièrement», précise Annie Goffin, candidate sur la liste Écolo. Mais il n’y a pas que les prix. «Nous voulons aussi appuyer pour mieux desservir la gare de Virton en bus», explique Vincent Wauthoz.

Il faut plus de concertation entre nos deux pays.

Michel Thiry, candidat CDH

«Si on veut préserver l’attrait de notre gare, la SNCB doit aussi augmenter son offre de trains. Car si le projet de Park & Ride à Rodange existe, c’est parce que l’offre de trains est insuffisante chez nous», dénonce Vincent Wauthoz.  

«De plus, un P+R à Rodange, sans refaire les routes chez nous, ça n’a pas de sens. Les villages de Musson et Latour risquent d’être inondés par le trafic.» L’ouverture du P+R de Rodange «pourrait se faire au détriment de la gare de Virton», ajoute le candidat CDH Michel Thiry.

«Il faut plus de concertation entre nos deux pays. On fait partie d’un même bassin de vie. Pour moi, il n’y a pas de frontière», lance ce dernier.

L’emploi

Outre la mobilité, l’emploi sur la commune de Virton est aussi un enjeu. Le taux de chômage se situe aux alentours des 10%. En 2016, on comptait 614 demandeurs d’emploi inoccupés, 4.428 salariés et 655 indépendants (chiffres 2016 du Réseau d’études et d’analyses du Luxembourg belge).

Les secteurs du commerce et de l’industrie sont les plus représentés. Les deux plus gros employeurs à Virton sont Burgos Ardennes (usine à papier) et Jindal (production et commercialisation de films plastiques).

«Certaines de nos entreprises peinent à trouver de la main-d’œuvre en raison de la proximité avec le Luxembourg», expose François Culot. «Mais l’économie locale profite aussi des salaires des frontaliers, qui reviennent faire vivre les commerces chez nous.»

Les forces en présence

La ville de Virton est gouvernée depuis 2012 par la majorité de centre-droite IC-CDH. 

Ce 14 octobre, cinq listes se disputent le mayorat à Virton. Il s’agit du CDH, IC+, Liste citoyens, Écolo, Ensemble autrement (Parti socialiste).

La rédaction a choisi pour vous

Frontaliers belges, Gare de Luxembourg

09 Octobre 2018

Information Paperjam. L’État belge devrait desserrer l’étau fiscal qui pèse sur le quotidien des travailleurs frontaliers belges dès 2019. Pour accentuer le travail à domicile et hors des frontières luxembourgeoises, il devrait faire passer le seuil de tolérance de 24 à 69 jours.

De nombreux élus du secteur étaient également sur place. Notamment Mathieu Klein, président du département de la Meurthe-et-Moselle (ici au premier rang, deuxième en partant de la droite).

07 Décembre 2018

Plus d’une centaine de personnes ont participé jeudi soir à une réunion publique de concertation sur le projet d’A31 bis à Nancy. Les échanges ont été animés, et la question de la priorité donnée au secteur Nord, allant de Thionville au Luxembourg, a notamment été évoquée.