Le Statec relativise l’impact du Zukunftspak

04 Décembre 2014 Par Laurent Moyse
Serge Allegrezza, Jean-Claude Franck, Carlo Thelen, Sylvain Hoffmann, Statec
Le Zukunftspak était au cœur du débat mercredi soir, lors de la table ronde du Statec. Carlo Thelen et Sylvain Hoffmann ont également exprimé certaines craintes envers le plan Juncker.
(Photo: Christophe Olinger)

Les mesures gouvernementales destinées à réduire le déficit budgétaire auront probablement un effet neutre en termes de solde structurel, a avancé le Statec lors d’une table ronde organisée mercredi soir à la Chambre de commerce sur la note de conjoncture du second semestre 2014.

Interrogé sur les répercussions que le Zukunftspak aura sur les finances publiques, Ferdy Adam, chargé des prévisions et de la modélisation au Statec, estime que prises dans leur ensemble, les mesures annoncées ne devraient pas avoir d’impact significatif sur le solde structurel.

Dans ses prévisions, l’institut statistique estime que le solde structurel sera excédentaire de 1,3% cette année et de 0,2% l’année prochaine. La baisse importante de cet excédent est imputée principalement à la chute des recettes de TVA sur le commerce électronique en 2015. Quant au solde nominal, qui inclut le volet conjoncturel, il est estimé à 0,9% du PIB en 2014 et deviendrait même légèrement déficitaire l’année prochaine (-0,1%), du fait d’une dégradation attendue de la conjoncture. Ces chiffres ne prennent pas en compte les mesures annoncées par le gouvernement, dont le caractère n’était pas encore définitif lors de la révision des indicateurs prévisionnels.

Au cours du débat, Carlo Thelen, directeur général de la Chambre de commerce, et Sylvain Hoffmann, directeur adjoint de la Chambre des salariés, ont jugé tous les deux que la hausse des taux de TVA affectera l’économie luxembourgeoise, mais ils sont partis d’un point de vue différent. Si le premier estime que cette hausse nuira davantage aux entreprises qu’aux ménages, le second déplore que cet impôt n’est pas très social étant donné qu’il lésera davantage les couches défavorisées.

Prudence par rapport au plan Juncker

Selon Carlo Thelen, le train de vie de l’État demeure trop élevé et le gouvernement aurait dû davantage tailler dans les dépenses sociales pour éviter un déséquilibre des comptes de la Sécurité sociale dans un avenir plus ou moins proche. Par contre, il a noté avec satisfaction que le niveau des investissements reste important.

Pour sa part, Sylvain Hoffmann a souligné que le solde budgétaire sera probablement en équilibre en 2015 et que l’impact sur la croissance économique des mesures prévues par le gouvernement sera de toute façon négatif.

Quant à l’inflation, le Statec prévoit une hausse des prix à la consommation de 0,7% pour 2014 et de 1,4% pour 2015. Le mois dernier, le taux d’inflation a même baissé de 0,1% en glissement annuel. Le scénario de désinflation n’inquiète pas outre mesure Carlo Thelen, qui y voit davantage l’effet d’une baisse (importée) des prix pétroliers ou du progrès technologique sur certains produits de consommation qu’un scénario à la japonaise. Il perçoit malgré tout un manque de confiance des opérateurs économiques tout en insistant sur le fait que leur pouvoir d’achat demeure élevé au Luxembourg.

Le directeur général de la Chambre de commerce a aussi affirmé que le plan présenté par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, ne sera sans doute pas suffisant pour relancer les investissements dans l’Union européenne. Il a émis l’espoir que l’Allemagne, moteur principal de l’économie européenne, prendra des mesures pour soutenir ce plan de manière à générer un effet de levier.

Estimant que le plan Juncker est une bonne initiative, Sylvain Hoffmann craint lui aussi que l’objectif de 300 milliards soit difficile à atteindre. Il perçoit en effet une contradiction dans le fait d’exiger plus d’investissements et de vouloir dans le même temps faire davantage d’économies. La solution, d’après lui, serait de renforcer les mesures soutenant la demande dans la zone euro.

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