Le secteur financier à la peine en 2017

26 Avril 2018 Par Jonas Mercier
La mauvaise performance du secteur financier est «assez décevant» au regard de la confiance historique du marché et du secteur, selon le Statec.
La mauvaise performance du secteur financier est «assez décevante» au regard de la confiance historique du marché et du secteur, selon le Statec.
(Photo: Licence C.C.)

Malgré une confiance élevée, la Place a enregistré de faibles performances en 2017, selon le Statec. La valeur ajoutée du secteur financier a diminué de 3,3% et a tiré vers le bas la croissance du pays.

Des dépenses accrues pour faire face à la vague de la régulation et pour tenir le rythme de la digitalisation, et des recettes moins importantes que prévu: Les banques de la Place ont connu une année difficile en 2017. Dans son «Conjoncture Flash» du mois d’avril, le Statec indique que «les revenus nets sur commissions (de ces dernières) ont progressé de seulement 2,7%, la marge sur intérêt de 3,4%, alors que les frais d’exploitation se sont accrus de 4,9%».

Cette contre-performance a non seulement plombé la croissance du secteur financier (3,3%), mais aussi celle du pays, ajoute le Statec. Le PIB du Luxembourg a en effet enregistré une progression en dessous des prévisions, soit de 2,3% pour l’année 2017, contre 3,4% comme cela était attendu. Selon le bureau de statistiques, ce résultat «tient principalement à la mauvaise performance du secteur financier».

Les fonds, assurances et auxiliaires «moins mauvais»

Si les banques ont peiné, le reste des acteurs de la Place s’en sont mieux sortis. Les fonds d’investissement enregistrent une année faste en ce qui concerne le volume de leurs actifs sous gestion. Celui-ci a bondi de 13% durant l’année dernière et a dépassé les 4.000 milliards d’euros. Un tableau quasiment identique pour les assurances, dont les primes se sont accrues de 13,6%.

Mais «la hausse des prix des services financiers liée aux valorisations boursières a eu un impact négatif sur l’évolution en volume des fonds et des auxiliaires», précise le Statec. Il estime par ailleurs que ce repli de la valeur ajoutée du secteur financier est «assez décevant» au regard de la confiance du marché et du secteur.

En effet, celle-ci serait «historiquement élevée» dans la zone euro, en tout cas «bien supérieure à sa moyenne de long terme». Au niveau luxembourgeois, cet indicateur a atteint son plus haut niveau depuis sept ans.

Il est toutefois important de relativiser. Si les performances du secteur financier luxembourgeois en termes de volume ont été moins importantes que dans la zone euro, la croissance de la Place a été meilleure en termes de valeur (+1,9%) et d’emploi (+2,8%).

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