Le Rocklab, incubateur de talents

18 Mai 2018 Par France Clarinval
Luc Henzig et Olivier Toth sont satisfaits du bilan de la Rockhal.
(Photo: Mike Zenari)

La Rockhal a présenté son bilan 2017 et inauguré les nouveaux espaces du Rocklab dédié à l’accompagnement de talents émergents locaux. Olivier Toth revient sur les moments forts de l’année.

Le directeur de la Rockhal, Olivier Toth, et Luc Henzig, le président du Conseil d’administration de ce qui s’appelle toujours officiellement le «centre des musiques amplifiées», se sont succédé au micro pour revenir sur une année 2017 plutôt enthousiasmante pour l’établissement public. Ce sont surtout des chiffres qui ont été livrés, 

Dotée de 2,59 millions d’euros par le ministère de la Culture, la Rockhal consacre à peu près le même montant (2,56 millions) aux frais de personnel et 1,41 million aux frais fixes. Le chiffre d’affaires de 9,7 millions et surtout l’excédent de 407.758 euros s’explique donc par les locations de salles à des tiers et à la billetterie des événements internes.

Une majorité de concerts 

En effet, sur les 161 évènements organisés, une petite moitié vient de 13 promoteurs extérieurs, dont principalement l’Atelier, qui en compte 20 à lui seul. Pour rester dans les chiffres, le directeur précise que l’écrasante majorité des événements sont des concerts (127, principalement de rock, pop, metal, hip hop et R&B, mais aussi de blues, folk et jazz), le reste étant dédié aux comédies, spectacles de danse ou live cinéma, regroupés sous le nom de «family entertainment», ou encore ateliers et conférences.

Des salles pleines

La critique selon laquelle l’établissement public écoute de plus en plus les sirènes d’organisateurs privés est balayée par la direction: «Nous sommes un lieu de spectacles, ouvert aux différents publics, pas réservés aux puristes. Les spectacles de cirque, de danse ou de comédie musicale remplissent les salles et font partie de la gestion saine de l’établissement», martèle Olivier Toth, en précisant que ces dates ne sont louées que lorsqu’aucune autre programmation n’est envisagée.

Le top 3 d’Olivier Toth

Pour rebondir sur l’année écoulée, le directeur nous livre ses meilleurs souvenirs. 

– Rag’n’Bone Man: «Il était venu en 2015 au Sonic Vision, une bonne année avant d’atteindre le succès phénoménal que l’on sait. En 2017, il est venu une première fois en mars. Prévu pour le Club, il a vendu 4.000 tickets et a joué dans la grande salle. Il est revenu en juin avec un énorme succès. Cela prouve d’une part le bon nez des programmateurs et l’importance de suivre les artistes sur le long terme.»

- «Quelques grands noms que nous avons pu programmer qui se vendent en un éclair, c’est évidemment un moment de satisfaction qui nous réjouissent: Sting, complet en 1h, et Shakira, en 15 minutes…»

– «Le projet du Rocklab, abouti cette année, est né en 2017. Au départ, ce sont des idées et des croquis sur un bout de papier et à l’arrivée, c’est le bon travail de l’architecte d’intérieur Nathalie Jacoby, qui a créé cet îlot sur un socle à la fois dans le cœur du bâtiment et isolé du reste.

S’il doit avouer un regret, Olivier Toth souligne son impatience de voir les autres projets de réaménagement aboutir. «Les espaces d’accueil sont progressivement transformés pour correspondre aux attentes. Les caisses sont faites, restent les bars et d’autres surprises à venir.»

Dans un monde en proie à la dématérialisation et à l’omniprésence du tout numérique, les artistes et créatifs ont besoin d’espace.

Responsables de la Rockhal

Positionnement futur

La grande nouveauté de 2018 est donc la réorganisation et les nouveaux locaux du Rocklab. Anciennement «Centre de ressources», ce département a pour vocation d’accompagner les talents émergents du Luxembourg et de la Grande Région. Vocation qui se traduit par quelques mots-clés («play, create, learn, grow, meet, network») et par des partenariats avec des acteurs locaux (1535°, Grund Club) et internationaux (Innovation Network of European Showcases…).

«Dans un monde en proie à la dématérialisation et à l’omniprésence du tout numérique, les artistes et créatifs ont besoin d’espace pour créer, apprendre, grandir, se rencontrer et développer des liens durables. Le tout dans une ambiance accueillante et dotée d’un encadrement professionnel», annoncent les responsables.

Les nouveaux espaces comportent, à côté des bureaux de l’équipe du Rocklab, deux salles de réunion et un espace coworking (doté d’une médiathèque spécialisée et de postes informatiques équipés) accessibles par le biais d’un membership mensuel ou annuel. Les membres auront également accès aux salles de répétition équipées et des studios d’enregistrement.

RocklabRocklab coworkingRocklab studio de répétitionRocklab - Vue sur les hauts fourneaux

 

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