Le retour d’Erna Hecey

26 Octobre 2018 Par Céline Coubray
Erna Hecey a choisi d'ouvrir sa nouvelle galerie dans un appartement au Limptersberg.
Erna Hecey a choisi d’ouvrir sa nouvelle galerie dans un appartement au Limpertsberg.
(Photo: Nader Ghavami)

La galeriste luxembourgeoise rouvre une galerie à Luxembourg après 15 ans d’absence. Sa première exposition, «Thinking Ahead», est un condensé de son savoir-faire.

Pas de grande vitrine, ni même de pas de porte sur rue. La galerie Erna Hecey, que vient d’ouvrir, se situe au Limpertsberg, dans un appartement qu’elle a demandé au bureau iPlan by Marc Gubbini architectes de transformer en espace d’exposition, tout en gardant un petit espace bureau et logement pour elle. L’espace est donc plutôt intime, avec un beau travail de lumière et une mise en espace qui offre plusieurs possibilités d’accrochage, une relation de grande proximité avec les œuvres. Pour son retour sur la scène luxembourgeoise, elle a choisi de présenter une exposition de groupe, avec des artistes qu’elle suit depuis longtemps et quelques nouveautés.

L’importance d’exposer

«Cela faisait 15 ans que je n’avais plus de galerie à Luxembourg», explique Erna Hecey, pionnière de l’art contemporain au Luxembourg dans les années 1990 avec une galerie en centre-ville, qui a contribué à l’essor de l’art contemporain au Luxembourg et à placer le Luxembourg sur la carte internationale de l’art en Europe. «Pourtant je ne me suis jamais arrêtée: j’ai tenu une galerie à Bruxelles et, depuis sept ans, je suis de retour à Luxembourg avec une activité de conseil en art, mais le fait d’avoir une galerie me manquait. Je suis contente de pouvoir de nouveau offrir un espace d’exposition aux artistes que je soutiens et de pouvoir proposer une autre esthétique sur le marché luxembourgeois.»

Quand on demande à la galeriste de préciser sa ligne artistique justement, elle répond simplement qu’elle «reste très ouverte, mais (ses) choix reposent toujours sur la densité du propos de l’artiste. Je présente des artistes de différentes générations, sensibilités artistiques ou périodes de création, mais tous ont en commun leur intégrité, un fort engagement intellectuel, social et esthétique.»

Erna Hecey reste aussi fidèle à son soutien d’artistes femmes ou d’artistes défendant des causes féministes, comme l’œuvre «!Women’s Questions?» de Jef Geys qui est une liste de questions sociopolitiques qui étaient originellement accrochées sur les murs d’une classe de l’école pour filles où l’artiste enseignait dans les années 1960. On notera aussi le travail de l’artiste indienne Gauri Gill, très remarquée sur la scène internationale et dont c’est la première fois que des œuvres sont présentées en galerie en Europe. Sans oublier les fascinants portraits de Suzanne Lafont ou le tirage grand format d’Eleanor Antin.

Vue de la salle principale de la galerie. (Photo: Nader Ghavami)Œuvres de Suzanne Lafont. (Photo: Nader Ghavami)L’accrochage mêle œuvres historiques et plus récentes. (Photo: Nader Ghavami)Des espaces plus intimes se dissimulent derrière les cimaises. (Photo: Nader Ghavami)

Entre histoires récentes et créations d’aujourd’hui

À côté d’œuvres récentes, l’exposition «Thinking Ahead» permet également de découvrir quelques pièces plus historiques, comme cette peinture murale de Lawrence Weiner – dont le texte est exceptionnellement en luxembourgeois (et en anglais) –, «Video Projection Outside Home» de Dan Graham, des œuvres de Marcel Broodthaers, ou des collages de Bert Theis – dont une exposition rétrospective sera organisée au Mudam l’année prochaine. Du côté des plus jeunes, Erna Hecey a choisi de présenter une série de trois photos du photographe luxembourgeois vivant à Berlin Jeff Weber ou plusieurs œuvres du duo Little Warsaw. Le tout se découvre avec délectation. Une exposition d’une belle densité, dont on ressort grandi.

Jusqu’au 31 janvier; 20C, boulevard Emmanuel Servais à Luxembourg (1er étage); jeudi-vendredi 14h30–19h30, samedi 11h-18h, et sur rendez-vous, www.ernahecey.com

La rédaction a choisi pour vous

Un des employés du Mudam alerte sur les conditions de travail et les nombreuses démissions au sein du musée.

18 Janvier 2019

Une lettre anonyme a été adressée à la direction et au service des ressources humaines du Mudam, ainsi qu’au Woxx et au Wort pour pointer des dysfonctionnements internes en ce qui concerne la gestion du personnel au sein du musée. Mais ce que révèle cette lettre est surtout un malaise plus profond qui reste encore un sujet tabou: les conditions de travail dans le milieu de la culture.

L’artiste János Sugár expose «Fire in the Museum» (2008/2018), un feu constant pendant la durée de l’exposition.

18 Janvier 2019

Le Casino Luxembourg présente à partir du 19 janvier l’exposition «Buveurs de quintessences» réalisée en partenariat avec la Fonderie Darling de Montréal. Une exposition qui n’hésite pas à mettre en exergue le vide qui se donne à voir sous différentes formes esthétiques.

Mudam

17 Janvier 2019

Une lettre anonyme adressée à la directrice du Mudam, Suzanne Cotter, dénonce les conditions de travail dans le musée emblématique de la capitale. La responsable explique les problèmes par une «importante phase de transition».