Le procès Srel reprogrammé «début 2019»

19 Juillet 2018 Par Jean-Michel Hennebert
Parmi les témoins appelés au futur procès Srel figure Jean-Claude Juncker, l’ancien Premier ministre luxembourgeois, responsable politique des actions des services secrets.
(Photo: Maison moderne / archives)

Initialement prévu fin 2017, mais repoussé en raison de l’indisponibilité de Jean-Claude Juncker, appelé à témoigner, le jugement de trois anciens agents des services secrets ne se tiendra pas cette année, indique jeudi l’autorité judiciaire.

Le procès de Marco Mille, Frank Schneider et André Kemmer, l’ancien directeur du Srel et deux anciens agents des services secrets luxembourgeois, devrait se tenir «début 2019», indiquent jeudi nos confrères de la radio 100,7, citant Henri Eippers, l’un des deux porte-parole de l’administration judiciaire. Aucune date plus précise n’a toutefois été avancée.

Les trois anciens agents secrets sont accusés d’avoir participé à des écoutes illégales, en 2007, sur l’informaticien et ancien intermédiaire du Srel Loris Mariotto, ainsi que d’avoir participé au détournement d’un CD crypté, surnommé «Frisbee». Ce dernier contiendrait une conversation entre le Grand-Duc Henri et Jean-Claude Juncker au sujet des attentats des années 80, dits du «Bommeleeër».

Affaire à l’origine de la chute de Juncker

Initialement prévu en décembre 2017, le procès avait été ajourné en raison de l’indisponibilité de Jean-Claude Juncker, actuel président de la Commission européenne et ancien Premier ministre luxembourgeois, et donc responsable politique des agissements des services secrets. Ce dernier y sera entendu sous le statut de témoin. Il devrait confirmer ses propos tenus en janvier 2013 devant la commission d’enquête sur les dysfonctionnements du Srel, à savoir qu’il n’avait pas autorisé la mise sur écoute de Loris Mariotto. Ce que contestent les accusés.

Pour cela, la défense des anciens agents du Srel devrait se baser sur l’enregistrement de l’ancien Premier ministre, réalisé par Marco Mille via une montre en janvier 2008, dans lequel Jean-Claude Juncker aurait évoqué cette autorisation. C’est cette conversation, révélée en novembre 2012 par RTL et publiée par le Land et la radio 100,7, qui déclenchait l’affaire des dysfonctionnements du Srel. Une affaire qui menait à des élections législatives anticipées en octobre 2013, qui, à leur tour, écartaient le CSV du pouvoir.

À noter que, sur le plan politique, la tenue de ce procès devrait se tenir à quelques mois ou quelques semaines des prochaines élections européennes, programmées en mai 2019. Des élections auxquelles Jean-Claude Juncker a d’ores et déjà annoncé qu’il ne participerait pas. Du moins, pas pour briguer un second mandat de président de la Commission.

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