Le premier médecin artificiel

31 Octobre 2018 Par Thierry Raizer
Pour aboutir à un diagnostic, l’IA va comparer les données introduites par le patient à celles d’autres hommes ou femmes au profil semblable.
Pour aboutir à un diagnostic, l’IA va comparer les données introduites par le patient à celles d’autres hommes ou femmes au profil semblable.
(Photo: Shutterstock)

La médecine ne va pas résister à la vague de l’intelligence artificielle. Mangrove Capital Partners veut participer à une révolution de l’information entre le patient et le médecin.

Et si votre médecin tenait dans votre poche? La combinaison du big data et de l’intelligence artificielle ouvre le champ des possibles dans une multitude de secteurs, et la médecine n’échappe pas à cette tendance de fond. La start-up israélienne K Health, cofondée par Allon Bloch, l’a bien compris. Elle propose de rassurer tout un chacun sur son état de santé en disposant d’un premier diagnostic rapide. «Il y a 5.000 ans que la relation docteur-patient ou chamane-humain n’a pas changé», lance Mark Tluszcz, CEO et cofondateur de Mangrove Capital Partners, qui est entrée au capital de K Health. 

Grâce à une app, le patient peut effectuer lui-même un premier diagnostic, sans remplacer les professionnels de la santé en cas de pathologie lourde. «C’est la première vraie application de l’intelligence artificielle au service de l’Homme, ajoute Mark Tluszcz. C’est une véritable révolution de l’information, car cette app permet de lever l’angoisse du patient en attendant un rendez-vous chez son médecin et lui permet d’en savoir plus sur lui-même.» 

Cela représente 2 milliards de données individuelles qu’il a fallu digitaliser et classifier.

Mark Tluszcz, CEO et cofondateur de Mangrove Capital Partners

Pour aboutir au diagnostic, l’intelligence artificielle va comparer les données introduites par le patient à celles d’autres hommes ou femmes au profil semblable. Car le trésor de K Health repose, outre la technologie, dans une base de données acquise en Israël auprès d’un assureur: 2,5 millions de patients traités sur 20 ans. «Cela représente 2 milliards de données individuelles qu’il a fallu digitaliser et classifier, précise Mark Tluszcz. Nous voulons rassurer l’utilisateur, en lui indiquant ce que d’autres, semblables à lui, ont eu et comment ils ont été traités.» 

Côté patient, l’app qui fonctionne selon le principe du «freemium» promet de traiter 95% des pathologies normales et de proposer un diagnostic aux personnes qui ne sont pas couvertes par une caisse de maladie. Côté institutionnel, l’interface permet de gagner du temps et de l’argent en jouant le rôle de filtre à l’égard du ressenti du patient. Un apport que certains pays pourraient considérer face aux gouffres des caisses de maladie en raison – notamment – de la surmédication ou des conséquences du grand nombre de visites chez le médecin ou encore de la saturation des services d’urgence.

Nous avons entre nos mains un outil qui peut changer le monde.

Mark Tluszcz, CEO et cofondateur de Mangrove Capital Partners

Plus de 250.000 utilisateurs ont déjà franchi le pas. «Nous sommes dans une période de test, mais déjà en partenariat avec des cliniques à New-York et nous allons lancer l’application ville par ville aux États-Unis, en visant une ville européenne pour 2019», ajoute Mark Tluszcz.

Composée d’une trentaine de personnes – des ingénieurs et des médecins –, l’équipe de K Health est soutenue par Mangrove Capital Partners qui apporte son expérience concernant le déploiement d’outils à l’international, comme elle le fait avec Skype pour les télécommunications, Wix pour internet ou Job Today (voir page 56) pour l’intérim. 

«Nous avons entre nos mains un outil qui peut changer le monde et faire en sorte que chacun puisse avoir accès à un médecin généraliste», espère Mark Tluszcz. Et comme la technologie remet en cause tous les paradigmes de la médecine, Mangrove Capital Partners a aussi investi dans Happify, une application américaine qui concerne cette fois le bien-être mental et propose des solutions pratiques d’experts pour se sentir bien dans sa tête. Mens sana in corpore sano, pourvu qu’ils soient connectés!

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