Le patrimoine du bout des doigts

26 Juin 2018 Par France Clarinval
À l’automne, une partie de la collection du MNHA sera disponible en ligne.
(Photo: Granduchy)

Le ministère de la Culture a présenté sa stratégie numérique du patrimoine culturel. Les instituts culturels nationaux ont plusieurs projets en cours.

On sent que le Premier ministre de la Culture, qui s’était peu montré sur ce terrain jusqu’ici, veut montrer à la scène culturelle qu’il se préoccupe de ses dossiers. Alors que les Assises et la présentation du Plan de développement culturel sont prévues pour la fin de la semaine, Xavier Bettel avait rassemblé les six directeurs des instituts culturels nationaux pour la présentation de la stratégie numérique en matière de patrimoine culturel, dont il faut reconnaître qu’on n’avait pas vraiment entendu parler auparavant.

Donner un accès large et inclusif aux collections numériques.

Marianne Backes, coordinatrice au sein du ministère de la Culture

«En mettant en place une stratégie commune, nous voulions éviter que chaque institut développe ses outils et son vocabulaire dans son coin. L’idée est de mettre en place des guidelines, des outils, des protocoles, des synergies qui pourront être utilisés par tous, y compris par des structures ne dépendant pas directement de l’État.»

C’est Marianne Backes, coordinatrice de ce projet au sein du ministère de la Culture, qui a fait part des grandes lignes de la stratégie. «Il s’agit de donner un accès large et inclusif aux collections numériques du patrimoine culturel», entame-t-elle.

La métaphore de l’iceberg se prête bien à faire comprendre les défis de la numérisation. «Pour que les publics aient accès à la partie visible de l’iceberg – les collections en ligne, les catalogues numériques, les banques de données –, il y a un travail sous-marin de description, numérisation, publication, partage, préservation qui pose des questions cruciales.»

Digital coordinator

Le défi de la numérisation des collections au sens large du terme est aussi grand que protéiforme car, il ne s’agit pas seulement d’avoir un reflet digital de ce que possèdent les instituts culturels, mais de pouvoir le partager et s’en servir. La collecte d’informations quant aux ayants droit représente déjà un casse-tête et l’harmonisation des métadonnées n’est pas moins un travail herculéen. Les processus de numérisation, les choix techniques, l’interopérabilité des données, les listes d’autorités sont autant de jalons à fixer dans le cadre de cette stratégie.

Pour l’heure, le réseau de compétences a été mis en place et un soutien est offert aux instituts culturels pour mettre en place des projets pilotes. Conscients de l’ampleur de la tâche, plusieurs instituts ont embauché un «digital coordinator», ou gestionnaire des collections numériques. 

C’est le cas au Musée national d’histoire et d’art, qui a non seulement mis en place une base de données interne pour la gestion des collections et des services, mais surtout développe une plateforme publique qui présente les œuvres et objets de la collection. Une première version avec 200 œuvres sera en ligne à l’automne où des recherches pourront être effectuées par époque, mot-clé, département… avec des fiches très complètes sur chaque objet.

Projets concrets

D’autres projets concrets ont été présentés. Ainsi, le Centre national de la littérature continue d’alimenter le dictionnaire des auteurs luxembourgeois, tandis que les Archives nationales vont mettre en ligne l’état civil des 131 communes du pays de 1795 à 1912. Le Musée national d’histoire naturelle est en train d’implémenter un portail des données sur la biodiversité, Atlas of Living Luxembourg.

Nous répertorions tout ce que comptent les domaines en .lu à certains moments.

Monique Kieffer, directrice de la BNL

La Bibliothèque nationale développe un système de dépôt légal en ligne et mène un archivage du web luxembourgeois depuis 2006. «C’est-à-dire que nous répertorions tout ce que comptent les domaines en .lu à certains moments: deux fois par an de manière globale, plus fréquemment pour des sites jugés pertinents ou ponctuellement lors d’événements comme des élections», détaille Monique Kieffer, la directrice de la BNL.

Enfin, le Centre national de l’audiovisuel est confronté à un archivage et une numérisation de documents d’ordres différents: photographies, films (et vidéos) et sons. Plusieurs projets sont en cours pour numériser des films amateurs de l’immédiate après-guerre, la collection de photographie Teutloff ou les émissions de la radio 100,7 et de RTL…

Pour l’instant, le ministère de la Culture a dégagé 150.000 euros en 2017 et 520.000 en 2018. Il est clair que ces projets doivent être menés à long terme et nécessitent un personnel qualifié encore peu présent au Luxembourg. 

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