Le nouveau mal du siècle

02 Mai 2018 Par Audrey Somnard
burn out
Tous les acteurs soulignent que le burn out n’est pas officiellement reconnu au Luxembourg.
(Photo: Licence C.C.)

Le syndrome d’épuisement professionnel, ou burn out, touche de plus en plus d’employés, sans qu’il soit officiellement reconnu. Si les causes sont multiples, les conséquences sont, elles, bien réelles pour la personne touchée ainsi que pour l’entreprise. La prévention et la sensibilisation se mettent en place. 

Le phénomène du burn out devient un sujet de préoccupation pour les DRH des entreprises. La problématique a pris place dans les discussions formelles. «Le burn out est pris en compte au sein du comité Responsabilité sociale des entreprises (RSE), explique Norman Fisch, secrétaire général de l’INDR (Institut national pour le développement durable et la RSE). Cela fait huit ans que nous nous sommes attelés à mettre l’entreprise en lien avec l’aspect prévention et médecine du travail. Il y a de plus en plus de personnes concernées, mais c’est aussi parce qu’il est mieux décelé. Il est d’autant plus dommageable à l’entreprise qu’il touche des employés très motivés. La clé, c’est qu’un employé qui vient à gérer une équipe puisse bénéficier d’une formation.» Même constat pour Nora Back, secrétaire centrale pour l’OGBL: «Beaucoup de managers n’ont pas été formés, ils manquent d’empathie. C’est une des causes majeures du burn out, avec le stress, une charge de travail de plus en plus importante et un manque de personnel.»

«Accident de parcours»

Tous les acteurs soulignent que le burn out n’est pas officiellement reconnu au Luxembourg. Pour le Dr Patrizia Thiry, directrice de l’ASTF (Association pour la santé au travail du secteur financier), ce syndrome n’est pas lié au travail: «Il faut le voir comme un accident de parcours.» Les entreprises ont-elles pris conscience du phénomène? «Disons qu’elles n’ont pas eu le choix, après un cas, deux cas, le burn out s’est imposé.» Sur les 36.000 employés couverts par l’ASTF, 200 cas ont été recensés. «La digitalisation fait que nous sommes joignables 24 heures sur 24, c’est une grande partie du problème, ajoute le Dr Thiry. Il faut un droit à la déconnexion, car toutes ces nouvelles formes de travail se font sans législation.»

«Le burn out est parfois la résultante de plusieurs facteurs, note Christophe Knebeler, secrétaire général adjoint LCGB. Mais il faudrait une base légale pour le considérer comme une maladie. Il faudrait pouvoir le détecter en amont, mais difficile de s’immiscer dans la vie des collègues.» Le sujet a récemment fait l’objet d’un colloque organisé par la Fondation Hopitaux Robert Schuman. Son Gesondheets-Zentrum a déployé une prise en charge en ambulatoire via le programme Protea.

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