Le Luxembourg reste attractif pour les asset managers

09 Juillet 2018 Par Jonas Mercier
54% des gestionnaires d’actifs interviewés prévoient d’embaucher dans les cinq ans à venir dans une nouvelle juridiction.
54% des gestionnaires d’actifs interviewés prévoient d’embaucher dans les cinq ans à venir dans une nouvelle juridiction.
(Photo: Maison Moderne)

Le Grand-Duché restera dans les cinq ans à venir la destination privilégiée des gestionnaires d’actifs qui commercialisent des fonds destinés à l’international, devant l’Irlande et la Grande-Bretagne, selon une étude de State Street publiée en fin de semaine dernière.

Le marché des fonds transfrontaliers, c’est-à-dire qui sont commercialisés dans au moins trois pays dont celui de domiciliation, a le vent en poupe et devrait se renforcer dans les années à venir. Selon une étude menée par la société de gestion américaine State Street et à laquelle ont répondu 250 asset managers, 64% des gestionnaires d’actifs envisagent de lancer des produits sur ce segment dans les cinq prochaines années.

Et le Luxembourg devrait se tailler la part du lion de ce marché en progression. En effet, 62% des professionnels interviewés disent qu’ils choisiront le Grand-Duché pour distribuer ces nouvelles offres. Suivent l’Irlande (55%), la Grande-Bretagne (51%) et les États-Unis (50%).

Un travail continu

Il faut dire que le Luxembourg a construit la réputation de sa place financière sur ce créneau, dans lequel il est leader depuis des années. Fin 2017, il commercialisait 62% des fonds internationaux en Europe. Loin devant l’Irlande (26%). L’industrie continue d’ailleurs de prospecter de nouveaux marchés pour élargir encore un peu plus son offre.

«Nous sommes en discussion avec le Mexique et prospectons en Asie du Sud-Est», explique le directeur Tax & Legal de l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement (Alfi), Marc-André Bechet. «Plus près de chez nous, le Danemark vient tout juste de s’ouvrir aux fonds transfrontaliers. C’est donc un travail continu pour trouver de nouveaux marchés aux fonds internationaux qui sont distribués depuis le Luxembourg.»

Des choix naturels pour les gestionnaires d’actifs.

David Suetens, responsable de State Street Luxembourg

Car les principaux critères que regardent les gestionnaires d’actifs avant de choisir le pays de commercialisation sont non seulement un environnement réglementaire solide, mais aussi un réseau de distribution varié.

«Des pays comme le Luxembourg et l’Irlande, qui répondent avec confiance et efficacité aux obligations réglementaires, sont vus comme des choix naturels par les gestionnaires d’actifs pour faire des économies d’échelle», confirme David Suetens, responsable de State Street Luxembourg.

Les jeux sont loin d’être faits

Une autre question de l’étude concerne l’impact du Brexit sur ce secteur. Sans surprise, la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne a poussé les trois quarts de la profession (73%) à repenser leur stratégie. Un résultat «surprenant» pour Marc-André Bechet. «Nous estimons plutôt à 30%-40% le nombre d’acteurs ayant déjà un plan en place», pointe-t-il.

Un pourcentage corroboré par les embauches réalisées. Un tiers des gestionnaires d’actifs interrogés dans l’étude de State Street disent en effet avoir embauché ou être en cours d’embauches supplémentaires dans une autre juridiction. 54% prévoient par contre de le faire dans les cinq ans à venir. Les jeux sont donc encore loin d’être faits.

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