Le LSAP veut favoriser l’esprit critique

08 Février 2018 Par François Aulner
Taina Bofferding présentait ce jeudi les réflexions du LSAP pour une éducation aux médias et à l’information. À ses côtes (de g. à d.): Mireille Duprel, Claire Geier et Gil Goebbels.
(Photo : LSAP)

Face aux développements technologiques ainsi qu’à l’intensification des flux d’informations et aux phénomènes des fausses informations, le parti socialiste plaide pour des cours d’éducation aux médias et à l’information. Dans les écoles et pour les parents.

«Il s’agit de réflexions», soulignait la députée Taina Bofferding (LSAP) ce jeudi lors d’une conférence de presse au sujet de l’«Éducation aux médias et à l’information» du LSAP. Des réflexions pour élever la question de la lutte contre les fake news, thématisée depuis un bon moment, à l’agenda politique.

Selon les socialistes, l’évolution des médias électroniques et des réseaux sociaux aurait «intensifié le flux des informations disponibles, dont certaines sont délibérément tendancieuses ou fausses». Il faudrait donc «apprendre à apprendre» avec les médias digitaux et apprendre à différencier les opinions des faits, résumait la députée.

Compte tenu de l’omniprésence – «à l’ère de l’hyper digitalisation» – des supports électroniques dans le quotidien de tout le monde et dès le plus jeune âge, le LSAP, reprenant en quelque sorte les termes du Premier ministreXavier Bettel (DP), estime que l’usage autonome et critique de l’information doit être davantage développé dans les écoles.

Informer et impliquer

Mais aussi du côté des parents, car le bon usage des nouveaux médias serait de «la responsabilité de tous», et il faudrait donc, selon l’enseignante Claire Geier, «informer les parents, mais aussi les impliquer».

Tandis qu’il existe d’ores et déjà des initiatives sporadiques pour initier les jeunes à l’usage autonome et critique de l’information, le LSAP demande un concept unique pour les écoles fondamentales et les lycées, ainsi qu’un cours d’introduction, afin d’assurer «la même connaissance de base pour tous», comme l’expliquait l’enseignante Mireille Duprel.

L’ancien journaliste de Radio 100,7 et attaché parlementaire Gil Goebbels estimait pour sa part que de nombreux jeunes ne sauraient pas forcément que «certains médias au Luxembourg sont proches de certains partis politiques».

Comprendre les médias

Ainsi, l’objectif serait d’apprendre aux élèves de mettre une information dans un contexte, de comprendre les choix éditoriaux ou encore de mieux connaître le fonctionnement des médias et leur cadre légal.

Selon Gil Goebbels, il ne d’agit pas de remplacer un cours par un autre, mais de prévoir du temps qui permet l’éducation aux médias. Il évoquait à titre d’exemple le Land allemand du Bade-Wurtemberg qui a un programme de 35 heures par an, qui serait selon lui plus efficace qu’une «éducation transversale», comme c’est le cas au Luxembourg.

Le LSAP n’ayant pas encore eu d’échange avec le ministre de l’Éducation, Claude Meisch (DP), Taina Bofferding expliquait que l’on souhaitait lancer une discussion et débattre avec les acteurs du terrain. La prise de position de ce jeudi serait une première étape.

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