Le LSAP sur une courbe descendante

09 Octobre 2018 Par Laurent Moyse
Le LSAP subit la même tendance que les autres partis socialistes en Europe.
Le LSAP subit la même tendance que les autres partis socialistes en Europe.
(Photo: Anthony Dehez/archives)

Série (1/6). Le parti socialiste (LSAP) est la seule formation politique qui fait partie d’une coalition gouvernementale sans la moindre interruption depuis 2004. Les derniers scrutins montrent cependant une érosion progressive de leurs résultats. Retour sur ses résultats depuis 1945.

La circonscription du Sud a toujours été un bastion du LSAP. En 2004, il y remporte un siège supplémentaire, ce qui lui permet de passer dans l’ensemble du pays de 13 à 14 mandats et de revendiquer le retour au pouvoir qu’il avait quitté cinq ans plus tôt. 

Mais ce succès ne peut cacher le fait que le CSV est parvenu à dépasser les socialistes en obtenant dans le Sud un siège de plus qu’eux, symbole d’une transformation sociologique du pays minier autrefois fortement imprégné par le milieu ouvrier. En 2009, le LSAP cède un siège pour revenir à un total de 13 mandats, nombre qu’il parvient à sauver de justesse en 2013.

Le parti se situe ainsi nettement en dessous de ses meilleurs scores du passé, ayant compté jusqu’à 21 élus en 1964 (sur un total de 56 députés) et en 1984 (la Chambre des députés comptait alors 64 élus). À l’inverse, en 1945, lors du premier scrutin qui suit la fin de la Seconde Guerre mondiale, les socialistes ne comptent que 11 élus (sur un total de 50 députés).

En ce 21e siècle, le LSAP s’inscrit dans la tendance déclinante que connaissent les partis socialistes ou sociaux-démocrates en Europe. En termes de suffrages, avec un peu plus de 20%, il obtient en 2013 son plus faible pourcentage depuis la Seconde Guerre mondiale. Le temps où il atteignait plus de 30% des suffrages remonte à 1984, et auparavant aux années 1950 et 1960.

Son meilleur score date de 1964, où il frôle les 36%, parvenant à dépasser de peu le CSV. Mais du fait des spécificités du système électoral, il obtient un siège de moins que les chrétiens-sociaux et se voit contraint de laisser à ces derniers le poste de chef du gouvernement.

Partenaire junior

En 1974, le CSV passe dans l’opposition en obtenant seulement 18 mandats, soit le plus mauvais score enregistré depuis 1945. Le LSAP termine deuxième avec 17 mandats, mais la perte d’un siège par rapport au scrutin précédent l’oblige à céder le poste de chef du gouvernement aux libéraux, qui sont les grands vainqueurs du scrutin en progressant de trois sièges (soit 14 mandats). 

La même infortune survient en 2013, où les socialistes disposent du même nombre d’élus que le parti démocratique, mais comptent davantage de suffrages que ce dernier. Or, le DP ayant conquis quatre sièges alors que le LSAP fait du surplace, celui-ci est à nouveau obligé de s’effacer devant les libéraux pour le poste de Premier ministre. 

Le parti socialiste n’est donc pas parvenu à s’imposer de telle manière qu’il aurait été à même de nommer un chef du gouvernement au cours des 73 dernières années, devant se contenter du rôle de partenaire junior. 

Si on laisse de côté le gouvernement d’union nationale de 1945 à 1947, qui s’est constitué dans le contexte spécifique de l’immédiat après-guerre, le LSAP a participé à 13 coalitions gouvernementales: 11 avec le CSV, une alliance avec le DP et une coalition tripartite avec le DP et Déi Gréng.

On saura bientôt si le parti est usé ou non au bout de trois mandatures consécutives qu’il a exercées au gouvernement.

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