Le CSV veut encore y croire

18 Octobre 2018 Par Jean-Michel Hennebert
Selon Claude Wiseler, la poursuite de la coalition actuelle aboutirait à un gouvernement «avec deux partis perdants». Au premier rang duquel le LSAP, avec «son score historiquement bas».
(Photo: Mike Zenari / archives)

Deux jours après avoir reçu le soutien du comité national, Claude Wiseler a dévoilé ce jeudi la «première analyse» des législatives. L’occasion pour la tête de liste des chrétiens-sociaux de tirer à boulets rouges sur le LSAP et de réitérer son appel du pied au formateur du gouvernement.

Écarté des négociations de coalition entamées entre le DP, le LSAP et Déi Gréng, le CSV n’entend pas baisser les bras. Au contraire, la principale force politique du pays – 21 sièges à la Chambre et 28,31% des suffrages – affiche jeudi sa «volonté de se battre». Reprenant la rhétorique avancée mardi soir après la réunion du comité national, Claude Wiseler estime que «le CSV est légitime pour faire partie des négociations de coalition, en tout cas, plus que certains».

En ligne de mire directe du chef de file des chrétiens-sociaux, le LSAP et son leader, Étienne Schneider. Ce dernier étant présenté comme un parti «qui a obtenu son score historiquement le plus bas», qui sera représenté dans la future Chambre «par la moitié des mandats du CSV», et qui «a présenté dans son programme bon nombre de propositions difficilement compatibles avec celles du DP, notamment».

Nous allons rester ouverts à la discussion.

Claude Wiseler, tête de liste nationale CSV

Et Claude Wiseler d’enchaîner les exemples de «contradictions» relevées, que ce soit sur l’imposition des sociétés, la durée hebdomadaire de travail que les socialistes souhaitent abaisser à 38 heures, ou la revalorisation de 100 euros du salaire social minimum, défendue par le LSAP. Sans oublier le score personnel d’Étienne Schneider dans le Centre, «qui obtient moins de voix que Paul Galles», le dernier des sept candidats CSV élus dans la circonscription. Au final, la poursuite de l’actuelle coalition ne serait, selon Claude Wiseler, qu’une alliance «avec deux partis perdants».

D’où l’idée défendue par les responsables chrétiens-sociaux de «rester ouverts à la discussion», malgré «la déception de ne toujours pas avoir été contactés par le formateur». Conformément au souhait du comité national, les responsables du parti entendent donc «travailler et rester à l’écoute dans les semaines à venir», dans l’optique de «participer à un gouvernement qui serait nettement plus stable».

Quatre réunions plénières d’ores et déjà programmées

Interrogé sur la possibilité d’une coalition DP-Déi Gréng-CSV, Claude Wiseler «ne peut exclure l’hypothèse», tout en précisant tout de même que l’option lui semblait «peu probable». Selon lui, l’option la plus réaliste serait une alliance avec le DP, «dont le programme est plus facilement compatible avec notre vision de l’avenir du pays, des compromis seront plus faciles à trouver qu’avec le LSAP dans tous les cas».

En attendant cet hypothétique appel de la part de Xavier Bettel au CSV, les trois délégations de coalition ont réalisé, mercredi matin, une première séance plénière qui a mis sur pied 11 groupes de travail. Quatre autres réunions sont d’ores et déjà programmées, les 23, 25 et 26 octobre, ainsi que le 14 novembre. Selon Christian Kmiotek, coprésident de Déi Gréng, les discussions devraient notamment porter sur la définition de «valeurs communes». Les négociations pourraient alors durer jusqu’au début du mois de décembre, comme en 2013.

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