Le CPJPO porte plainte contre Fernand Kartheiser

06 Mars 2018 Par Jean-Michel Hennebert
Alors que Fernand Kartheiser assure «assumer ses opinions», le CPJPO dépose plainte contre lui en raison d’une «atteinte à l’honneur et à la réputation».
(Photo: paperJam/Archives)

Les propos tenus à la Chambre en décembre dernier par le député ADR font l’objet d’une procédure judiciaire, annonce mardi le Comité pour une paix juste au Proche-Orient (CPJPO). L’élu du Sud, lui, se retranche derrière la notion d’«inviolabilité du parlementaire».

Le 5 décembre dernier, lors du débat à la Chambre sur la politique de coopération au développement et de l’action humanitaire, Fernand Kartheiser s’était exprimé pour l’ADR en indiquant que le CPJPO, «une ONG financée par l’État luxembourgeois», était «non seulement anti-israélien, mais aussi antisémite», tout en indiquant que Martine Kleinberg, sa présidente, était «soupçonnée d’antisémitisme». Des propos que n’entend pas laisser passer le Comité qui annonce, ce mardi, son intention de porter plainte contre le député.

«L’antisémitisme n’est pas une opinion, mais un délit, marqué du sceau de l’infamie», indique-t-il dans un communiqué. «Le Comité dénonce depuis toujours toute forme de racisme, plus particulièrement l’islamophobie et l’antisémitisme; il exerce une vigilance permanente face à ces dérives. Or, monsieur Fernand Kartheiser, qui depuis de nombreuses années dénigre l’action du CPJPO (…), a franchi les limites de l’acceptable. (…) Le CPJPO et Martine Kleinberg (présidente du Comité, ndlr) ont décidé d’intenter une action en justice au civil à l’encontre de M. Kartheiser pour atteinte à l’honneur et à la réputation.»

Habitué des polémiques

Contacté mardi par Paperjam, le député ADR assure de son côté «que le propre de notre démocratie est de laisser libre tout un chacun de porter plainte contre qui il le souhaite», tout en ajoutant que «notre démocratie protège également les opinions, notamment celles des députés qui s’expriment à la Chambre». Se retranchant derrière «l’inviolabilité du parlementaire» liée à l’article 68 de la Constitution – qui dit qu’«aucune action, ni civile, ni pénale, ne peut être dirigée contre un député à l’occasion des opinions et votes émis par lui dans l’exercice de ses fonctions» –, Fernand Kartheiser réaffirme son opinion sur le CPJPO, qu’il considère comme «une organisation qui émet des critiques infondées et injustifiables à l’égard de l’État d’Israël».

De son côté, Martine Kleinberg, également contactée mardi par Paperjam, indique que «ce sera au juge de trancher sur la protection des députés prévue par la Constitution», tout en qualifiant de «propos diffamatoires envers le CPJPO et moi-même» les mots employés par l’élu. La procédure judiciaire devrait durer plusieurs mois.

Ce n’est pas la première fois que les propos tenus par Fernand Kartheiser font l’objet d’une polémique. Le dernier exemple en date remonte au mois de novembre dernier, où, lors du débat sur la liberté d’expression, il avait demandé à ce que «le droit, et particulièrement le droit pénal, soit interprété et appliqué de manière stricte». Une référence aux jugements rendus ces derniers mois qui auraient été effectués avec une interprétation «large» des notions de «discrimination» et d’«incitation à la haine» et qui «menacent la liberté d’expression». Une position qui avait fait bondir Félix Braz (Déi Gréng), qui estimait que l’élu souhaitait «violer la Constitution».

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