Le capital entrepreneurial aux accents luxembourgeois

26 Décembre 2017 Par Jonas Mercier
Kiloutou
HLD compte faire passer le chiffre d’affaires de Kiloutou hors France de 10% à un minimum de 30%.
(Photo: Kiloutou/Olivier Minaire)

À l’origine du rachat fin novembre du loueur français Kiloutou, le groupe d’investissement HLD, soutenu par des figures entrepreneuriales de France et du Luxembourg, suit depuis 2010 une stratégie basée sur le long terme et qui s’avère payante.

Près de 1,5 milliard d’euros pour se payer le 2e loueur français de matériel de chantier et de travaux, le Français Kiloutou. Cette transaction aurait pu être celle d’un grand fonds de pension canadien – plusieurs étaient d’ailleurs aussi sur le coup –, mais il s’agit du dernier investissement du groupe HLD. Derrière cet acronyme se trouve un cercle d’entrepreneurs européens reconnus, comme Claude Bébéar (fondateur de la compagnie d’assurances AXA) et les familles Decaux, De Agostini ou encore Dentressangle, qui possèdent les groupes du même nom. Norbert Dentressangle a fait fortune dans les transports routiers avant de vendre son entreprise en 2015 à l’Américain XPO Logistics pour 3,2 milliards d’euros. Du côté du conseil d’administration, présidé par le Français Jean-Bernard Lafonta, on retrouve deux entrepreneurs bien connus au Luxembourg et qui ont visiblement été séduits par l’initiative: Xavier Buck et Robert Dennewald.

HLD a vu le jour en 2010 avec comme objectif d’investir en fonds propres dans des sociétés, pour les accompagner sans toutefois intervenir dans la gestion opérationnelle. Une sorte d’actionnaire super-conseiller qui met à profit sa connaissance des marchés, des entreprises et son réseautage pour faire fructifier ses investissements qui peuvent aller de 10 à 250 millions d’euros. «Nous sommes différents d’autres acteurs en fonds d’investissement car nous ne sommes pas contraints par une échéance de cession de nos participations, note Robert Dennewald. C’est un avantage concurrentiel très significatif pour les dirigeants des entreprises dans lesquelles nous investissons, puisque nous pouvons prendre des risques qui paieront à long terme, ce qui est impossible pour les fonds qui ont traditionnellement pour objectif la revente de leurs sociétés au bout de quatre à cinq ans.»

Actionnariat familial

Une philosophie qui a permis à HLD d’enregistrer quelques beaux succès, comme l’acquisition en 2010 de Filorga, un groupe de cosmétiques qui connaît un fort développement. «Forte d’une dizaine de millions d’euros de chiffre d’affaires avant notre arrivée, Filorga a pu compter sur 40% de croissance annuelle en moyenne depuis 2010 et ses ventes dépassent aujourd’hui les 150 millions d’euros dans 80 pays», note ainsi Jean-Bernard Lafonta. Les ambitions sont identiques pour Kiloutou, que ses nouveaux actionnaires veulent accompagner pour faire passer son chiffre d’affaires réalisé en dehors de la France de 10% à un minimum de 30%. Le portefeuille d’HLD rassemble aujourd’hui une quinzaine d’entreprises dont la croissance organique moyenne atteint les 12 à 15% par an, pour un chiffre d’affaires cumulé d’environ 1,7 milliard d’euros.

«Je pense que nous assistons à un retour en force de l’actionnariat entrepreneurial et familial en Europe, dans les PME et les entreprises en général», explique Jean-Bernard Lafonta. «Et les entreprises luxembourgeoises sont un exemple typique de cet actionnariat familial, tout en étant tournées naturellement vers l’Europe», complète Robert Dennewald. HLD est sans doute le meilleur exemple du dynamisme retrouvé de ce capital à visage humain. Ses dirigeants l’affirment d’ailleurs sans détour: «Nous pouvons nommer tous nos actionnaires.»

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