L’Alfi regrette la hausse du niveau d’incertitude

16 Janvier 2019 Par Jean-Michel Lalieu
Camille Thommes regrette que le vote de Westminster place le monde des affaires devant un inconnu encore plus grand.
(Photo: Anthony Dehez)

Le directeur général de l’Alfi, Camille Thommes, observe le précipice face auquel le vote britannique place l’ensemble de l’Union européenne. Il estime toutefois que les acteurs de la Place sont prêts à subir les différents scénarios.

Depuis l’annonce du Brexit, en 2016, la place financière luxembourgeoise crie haut et fort son regret de voir partir un partenaire important comme le Royaume-Uni. «Or, aujourd’hui, on se retrouve face à une situation beaucoup plus compliquée, avec la possibilité très claire de ne pas avoir d’accord de sortie à la fin mars», commente Camille Thommes, directeur général de l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement.

Comme la plupart des observateurs, il passe en revue les différents scénarios envisageables, mais s’inquiète surtout de l’incertitude et de l’inconnu dans lequel le vote de ce mardi place l’ensemble du monde des affaires.

Chaos en vue? «La plupart des acteurs ont bien géré le dossier Brexit depuis deux ans et ont donc mis en place différents scénarios, dont celui d’un retrait britannique sans accord qui devient de plus en plus réaliste», observe le directeur de l’Alfi.

Trouver des solutions temporaires

Par rapport à l’industrie des fonds d’investissement, un écueil majeur à prendre en compte est le fait que, dès la fin mars, les produits Ucits britanniques perdront ce label, même en cas de période transitoire. Un problème conséquent pour les gestionnaires de fonds, qui proposent des Ucits incluant des produits britanniques.

«Si tout le monde se défait de ses positions, on risque un phénomène de ventes massives qui pourraient bouleverser les marchés», pointe Camille Thommes. «La Commission devra donc prendre des mesures intermédiaires et temporaires pour éviter ce scénario.»

Mais il admet que l’impact réel d’un Brexit dur reste difficile à analyser pour la Place luxembourgeoise. «Nous avons une relation très forte avec le Royaume-Uni, qui est le deuxième investisseur dans les fonds luxembourgeois en termes d’actifs. Mais la plupart des acteurs ont pris leurs dispositions pour ajuster leur modèle d’affaires et sont donc à l’abri dans le cas d’une sortie sans période intermédiaire.»

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