L’A31 bis mobilise aussi à Nancy

07 Décembre 2018 Par Ioanna Schimizzi
De nombreux élus du secteur étaient également sur place. Notamment Mathieu Klein, président du département de la Meurthe-et-Moselle (ici au premier rang, deuxième en partant de la droite).
De nombreux élus du secteur étaient également sur place. Notamment Mathieu Klein, président du département de la Meurthe-et-Moselle (ici au premier rang, deuxième en partant de la droite).
(Photo: @Prefet54)

Plus d’une centaine de personnes ont participé jeudi soir à une réunion publique de concertation sur le projet d’A31 bis à Nancy. Les échanges ont été animés, et la question de la priorité donnée au secteur Nord, allant de Thionville au Luxembourg, a notamment été évoquée.

Les réunions publiques de concertation sur le projet d’A31 bis se poursuivent. Après la première organisée le 13 novembre à Metz, c’est à Nancy que les équipes du projet avaient donné rendez-vous aux citoyens du secteur Sud du tracé ce jeudi soir, au Centre Prouvé.

Plus d’une centaine de personnes ont répondu présent. Durant deux heures se sont enchaînés les prises de parole, les applaudissements et les huées, autour de la présentation des représentants de la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) Grand Est.

Trois hypothèses de tracés

De nombreux élus du secteur étaient également sur place. Notamment Éric Freysselinard, préfet de Meurthe-et-Moselle, qui présidait la réunion, François Pélissier, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Meurthe-et-Moselle, André Rossinot, président du Grand Nancy, Mathieu Klein, président du département de la Meurthe-et-Moselle, ou encore les sénateurs Olivier Jacquin et Jean-François Husson.

De nombreux maires, représentants d’associations ou citoyens ont exprimé leurs inquiétudes sur cette portion Sud du projet d’A31 bis. Un secteur qui est, dans l’état actuel des différents scénarios d’aménagement proposés, concerné par trois hypothèses de contournement de Nancy, et donc de la liaison Toul-Dieulouard.

80.000 véhicules par jour

Et parmi les interventions, certains ont «regretté» que la priorité soit donnée à la portion Nord, soit l’élargissement de l’A31 au nord de Thionville. «Nous n’accepterons pas que la partie Sud soit la dernière roue du carrosse», s’est ainsi exprimé Mathieu Klein. «Nous sommes conscients que les contraintes liées aux flux de frontaliers vers le Luxembourg sont infiniment plus problématiques, mais il faut traiter l’ensemble et ne pas faire passer un secteur avant l’autre.»

Pour rappel, la barre des 100.000 frontaliers français travaillant au Grand-Duché a été franchie en septembre dernier. Et ce chiffre devrait passer à 153.100 dans 17 ans, selon les prévisions du Statec. Plus de 30.000 déplacements domicile-travail quotidiens sont notamment effectués entre Thionville et le Luxembourg, et l’on estime que les niveaux de trafic actuels sur l’axe A31 sont «élevés avec des sections qui dépassent 80.000 véhicules par jour, tous types de véhicules confondus».

Pas de «bonne solution» 

«Ces réunions publiques, organisées par l’État français, maître d’ouvrage du projet, ont pour but de présenter au plus grand nombre les hypothèses sur lesquelles l’administration a travaillé», explique Jean-Michel Stievenard, garant de la concertation. «On peut ainsi voir les réactions, et ce qui apparaissait, dans des réunions de pilotage, comme étant la bonne solution, révèle des surprises lorsque l’on est face aux riverains.»

Ces réunions permettent donc «d’approfondir, d’ajuster, et à la fin, il n’y aura pas de bonne solution. Il faudra montrer les avantages et les inconvénients de chacune des hypothèses.» Lors de la réunion qui a eu lieu ce jeudi à Nancy, certains ont soulevé la question de soumettre la décision à un vote. «Mais en France, nous n’avons pas encore la culture du référendum. Et des exemples récents, comme celui de Notre-Dame-des-Landes, ou de la gare de Vandières ici en Lorraine, ont montré que cela ne permet pas de trancher, donc il n’y aura pas de vote, ça c’est une certitude.»

Un tracé souterrain à Florange?

Et si un vote n’est pas envisagé, le garant de la concertation, qui se revendique comme «totalement indépendant», prend toutefois en compte les pétitions mises en ligne dans différents secteurs. «À Champigneulles, au nord de Nancy, il y a notamment une mobilisation qui est forte, tout comme à Florange, qui est impactée par plusieurs tracés», poursuit Jean-Michel Stievenard. 

«Le débat à Florange avance, on commence à y voir plus clair. Nous allons retravailler plus précisément sur des propositions. Le tracé ‘repoussoir’ sur ce territoire, c’est celui qui passe à travers la ville. Or, une nouvelle hypothèse de réaliser un tracé en souterrain émerge. Mais il faut savoir à quels moments débute et s’achève ce souterrain, donc l’administration va répondre à ces questions, et nous pourrons alors débattre à nouveau. Mais il est certain qu’aucune solution ne satisfera tout le monde.»

Reconnue comme «indispensable»

Les réunions publiques de concertation vont se poursuivre jusqu’aux mois de février-mars. À l’issue, l’État rédigera un bilan «tenant compte des avis et suggestions, afin de retenir un scénario d’aménagement par secteur et d’en poursuivre les études préalables à la déclaration d’utilité publique (DUP)», précise le document remis à l’assistance.

«La décision finale, c’est l’État qui la prendra», confirme Jean-Michel Stievenard. «C’est encore possible que l’A31 bis ne voie jamais le jour, mais elle a désormais passé beaucoup d’obstacles, il n’y a pratiquement plus en France de projets autoroutiers à part celui-ci. L’A31 bis a été reconnue comme étant indispensable.»

Un site internet dédié

Et alors qu’un des points d’achoppement sur le secteur au nord de Thionville concerne la question d’une concession et donc d’un péage, elle est «moins à l’ordre du jour sur cette portion Sud», précise Jean-Michel Stievenard. «On se dirigerait plutôt vers un aménagement sur place de l’infrastructure existante. Pour le secteur Nord, le projet est étudié dans le cadre d’une concession. L’urgence est sur ce secteur, et l’avantage de la concession, c’est que l’exploitant met l’argent immédiatement. Lorsque c’est l’État qui prend en charge les travaux, il le fait sur 10 ans.»

Un débat qui risque donc d’être encore alimenté au fil des futures réunions publiques, dans les prochaines semaines et prochains mois. Plus d’informations, et notamment les différents tracés sur les trois secteurs (Nord, central et Sud) sur le site dédié www.a31bis.fr.

La rédaction a choisi pour vous

A31 bis

24 Septembre 2018

Le Républicain Lorrain rapporte que le projet d’élargissement de l’autoroute A31 sera réalisé dans le cadre d’une concession privée, avec la mise en place d’un péage.