«La hausse des taux de la Fed est bien anticipée»

14 Juin 2017 Par Jean-Michel Gaudron
Damien Petit
Damien Petit (Banque de Luxembourg): «Il faut privilégier les valeurs présentant des fondamentaux solides.»
(Photo: Banque de Luxembourg)

La Réserve fédérale américaine devrait annoncer, ce mercredi, un nouveau relèvement d’un quart de point de ses taux directeurs. Une décision qui ne surprendra personne sur les marchés.

Pour la quatrième fois de l’année, le comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine se réunit à Washington. Et pour la deuxième fois de l’année, il devrait annoncer, ce mercredi, une hausse des taux directeurs d’un quart de point, pour les placer dans la fourchette de 1% à 1,25%.

Une décision qui ne devrait créer aucun émoi particulier sur les marchés, puisqu’à l’issue de la réunion de mars dernier, à la suite de laquelle avait déjà été annoncée une hausse de 0,25% de ce taux interbancaire au jour le jour, deux autres augmentations avaient été anticipées pour les neuf mois restants de l’année en cours. «Cela a donc été très largement anticipé par les marchés», constate Damien Petit, head of portfolio management à la Banque de Luxembourg. «Généralement, la Fed prépare le terrain dans sa communication, afin d’éviter de perturber les marchés avec des décisions qui pourraient surprendre. Il est logique que les taux d’intérêt montent de manière lente et progressive au vu de l’état de l’économie américaine. Nous sommes actuellement dans une phase de croissance très limitée, en raison de freins structurels importants, notamment d’un trop haut niveau d’endettement qui freine l’économie.»

En mars dernier, la banque centrale américaine avait maintenu, pour 2017, une prévision de croissance à 2,1% déjà envisagée trois mois plus tôt. À la mi-avril, le Fonds monétaire international avait, pour sa part, tablé sur 2,3% de hausse du PIB américain pour l’année en cours, ce qui reste encore loin des 4% ambitionnés par le président américain Donald Trump.

Croissance américaine en berne

Et on en est d’autant plus loin que le 28 avril, le Département américain du commerce a annoncé une hausse du PIB de seulement 0,7% pour le compte du premier trimestre, ce qui représente sa plus faible performance sur ces trois dernières années. Une croissance largement plombée par l’inattendu effondrement des dépenses de consommation, qui n’ont progressé que de 0,3% contre 3,5% au dernier trimestre 2016.

Détenir des liquidités en portefeuille ne fait guère de sens.

Damien Petit, head of portfolio management à la Banque de Luxembourg

La prudence reste donc de mise sur les marchés, ce qui influe évidemment sur le comportement des investisseurs, lesquels n’anticipent guère, pour l’instant, une remontée conséquente des taux, contrairement à ce qui était encore dans l’air du temps il y a quelques semestres. «Pour l’heure, dans les portefeuilles, détenir des liquidités ne fait guère de sens, la rémunération de ce cash étant mangée par l’inflation et la hausse des prix. Les actions constituent encore une classe d’actifs attirante, tout comme les obligations étatiques américaines et celle des pays émergents. Les obligations européennes, elles, sont moins intéressantes.»

En ces temps de grandes incertitudes politiques, de part et d’autre de l’Atlantique, sur lesquelles personne n’a vraiment de prise, il y a peu d’alternatives dans la stratégie d’investissement pour qui souhaite rester dans les grands standards: «Privilégier les valeurs présentant des fondamentaux solides, qui montrent toujours moins de volatilité que l’ensemble du marché», précise M. Petit. «Ça fait toujours la différence quand les conditions du marché sont plus compliquées.»

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