La blockchain s’invite aussi dans l’art et la culture

13 Décembre 2018 Par Jonas Mercier
Au Luxembourg, la start-up ANote développe une plate-forme pour apporter plus de liquidités sur le marché de la chanson.
Au Luxembourg, la start-up ANote développe une plate-forme pour apporter plus de liquidités sur le marché de la chanson.
(Photo: Shutterstock)

Si les applications de la blockchain sont encore très rares sur le marché de l’art et de la culture, l’utilisation de cette technologie est souvent citée comme très prometteuse, notamment pour améliorer la traçabilité des œuvres.

Le marché de l’art ne déroge pas à la règle. Comme dans quasiment tous les secteurs de l’économie, la blockchain est un sujet que les spécialistes du secteur abordent de plus en plus souvent.

Le principal avantage qu’on prête à cette technologie est sa capacité à offrir une trace publique et infalsifiable des différentes transactions d’une même œuvre. Car si le marché de l’art est l’un des plus anciens au monde, il reste encore aujourd’hui l’un des plus dérégulés, et donc l’un des plus vulnérables aux escroqueries.

Quelques start-up seulement sont sur la brèche

Présent au Luxembourg lors de la conférence «Art & Finance», organisée par Deloitte au mois d’octobre, le fondateur de l’agence Art Media Agency, Pierre Naquin, estime que l’usage de la blockchain pourrait fournir de véritables cartes d’identité pour les œuvres d’art.

«Elle pourrait donner de manière infalsifiable des renseignements sur la provenance d’une œuvre, ses différents propriétaires ou les prix auxquels elle a été acquise au cours de sa vie. Et tout cela serait disponible à tout moment et pour tout le monde», explique-t-il.

Pour l’instant, seules quelques start-up se sont lancées sur ce marché. L’une des plus en avance est Danae Human Intelligence. Il s’agit d’une plate-forme de trading basée sur la blockchain. L’initiative provient de la galerie parisienne Laffy Maffei Gallery et permet aux collectionneurs de recevoir des royalties sur l’exploitation de leurs œuvres.

L’industrie musicale également touchée

La blockchain est également en train de contaminer l’industrie de la musique. Les projets y sont plus nombreux et s’attaquent à plusieurs aspects. Le Britannique Benji Rogers est l’un des cofondateurs de Dot Blockchain Media, une plate-forme qui facilite aux artistes la diffusion de leurs chansons sur les différents supports numériques que l’on retrouve sur internet.

«Je pense que du fait du volume de données et de la vitesse à laquelle elles circulent aujourd’hui, les technologies existantes seront très bientôt dépassées», expliquait-il à Paperjam.lu au mois de novembre. «Et je vois la blockchain comme un moyen efficace de pouvoir assurer un suivi précis de la propriété des chansons.»

ANote, une solution luxembourgeoise

Au Luxembourg, une start-up a décidé de s’attaquer à ce secteur en proposant de faire le lien entre les marchés financiers et l’industrie musicale. «Nous permettons à n’importe qui d’acheter des parts dans des chansons», résume Matteo Cernuschi, le CEO d’ANote. «L’industrie musicale est un marché très fragmenté, où l’on retrouve des artistes, des imprésarios, des labels… Nous cherchons à le simplifier et à lui apporter de la liquidité.»

L’utilisation de la blockchain permet, dans ce cas-là, d’assurer la sécurité des transactions et la traçabilité des investissements.

L’industrie de la musique, c’est sûr, mettra certainement du temps à évoluer.

Benji Rogers, cofondateur de Dot Blockchain Media

Dans le marché de l’art comme dans celui de la musique, les codes et les habitudes des acteurs en place, surtout les plus gros, sont toutefois bien ancrés. Comment accueilleront-ils l’arrivée de cette nouvelle technologie?

«L’industrie de la musique, c’est sûr, mettra certainement du temps à évoluer dans cette direction, car le changement est toujours difficile», est d’avis Benji Rogers. Un constat qui s’applique très certainement aussi au marché de l’art, connu pour être encore plus conservateur.

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