KBL epb renforce ses bases avant de voir plus loin

03 Mai 2017 Par Jean-Michel Lalieu
Yves Stein KBL epb
Yves Stein mise sur les projets internes en 2017.
(Photo: KBL epb)

Après trois années à élargir les murs, le groupe de banque privée KBL epb veut consolider l’édifice. Investissements IT, réduction des coûts et du personnel sont au programme. Et Yves Stein, son CEO, ne doute pas que Precision Capital, son actionnaire à 99,9%, ait envie de poursuivre l’aventure.

KBL epb n’abandonne pas l’idée de former un important groupe européen en banque privée au départ de Luxembourg. Mais Yves Stein, le group CEO, l’a annoncé en présentant les résultats du dernier exercice ce mercredi matin: «Il ne faut pas s’attendre à de grandes acquisitions de notre part en 2017.»

Un message qui tranche avec celui des années précédentes lorsqu’il «promettait» deux acquisitions par an. 2017 sera l’exercice de l’intégration et de la digestion. «Ça restera un exercice important au niveau des investissements», précise le CEO. Mais ils seront principalement investis en interne: dans la technologie et la politique sociale.

Technologie d’abord. KBL epb a fait le choix, il y a plus de deux ans, de transférer sa plateforme informatique vers celle du groupe suisse Lombard Odier – pour des raisons d’efficacité – et cette année, c’est le gros du morceau. Les opérations de migration ont en effet démarré le week-end dernier pour la filiale luxembourgeoise. Celle-ci doit être terminée pour le 30 juin.

«Cette transformation de la plateforme informatique représente un coût important», précise Paul Scholten, chief operating officer. Elle signifie aussi le passage d’une cinquantaine d’employés vers TDI Europe, un PSF créé par Lombard Odier au Luxembourg.

Plan de départs volontaires

Mais au-delà de ce transfert, KBL epb Luxembourg a aussi lancé un plan de départs volontaires pour une autre cinquantaine d’employés en pré-pension. Un plan qui aura un impact aussi dans le budget 2017, mais qui est lié à la volonté du groupe de réduire ses coûts et de recruter du personnel jeune pour assurer la prochaine génération.

Cette année sera aussi celle de l’intégration entre la banque Insinger de Beaufort, officiellement acquise en janvier de cette année, et la filiale Theodoor Gilissen pour former une importante banque néerlandaise qui gérera 20 milliards d’euros d’actifs. La fusion devrait être finie pour le 1er octobre.

«Toutes ces raisons font que nous n’avons pas les moyens actuellement, ni en argent ni en personnel, pour poursuivre l’extension géographique du groupe», explique Yves Stein. Il s’attend quand même à une année 2017 intéressante au niveau opérationnel, dans la mesure où les marchés sont porteurs et que les investisseurs ont le moral.

Chaque demande par rapport à nos projets d’acquisitions a été soutenue par l’actionnaire.

Yves Stein, Group CEO KBL epb

Il s’en réjouit après un exercice 2016 compliqué par la volatilité des marchés. L’an dernier, le produit net bancaire a atteint 465,9 millions d’euros et le résultat opérationnel s’élève à 37,1 millions. Quant au résultat net, il se limite à 6 millions d’euros contre 81,3 millions un an plus tôt.

L’assemblée générale a donc décidé de ne distribuer aucun dividende cette année. La cagnotte de Precision Capital, l’actionnaire qatari à 99,9%, reste donc bloquée à 143 millions depuis l’acquisition de KBL epb en 2012.

Face à la rumeur de vente de la Bil par le même investisseur, Yves Stein se contente de dire qu’il n’est au courant d’aucune manœuvre concernant le groupe qu’il dirige. «Ce que j’observe, c’est que nous continuons à investir pour bâtir le futur du groupe et que chaque demande par rapport à nos projets d’acquisition a été soutenue par l’actionnaire.»

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