Juncker plaide pour des «solutions réalisables»

13 Mars 2018 Par Jean-Michel Hennebert

S’exprimant mardi devant le Parlement européen, le président de la Commission a réitéré la position européenne face à Londres dans le cadre du Brexit, appelant une fois encore Theresa May à clarifier sa position en vue d’un accord sur «nos futures relations».

Malgré la tenue de trois discours fondamentaux de Theresa May sur le Brexit – le premier en janvier 2017, le second en septembre 2017 et le troisième en mars 2018, les positions britanniques restent floues. Encore et toujours. Tel est en substance le message clamé mardi par Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, devant le Parlement européen, qui rappelle une fois encore «le besoin d’une plus grande clarté de la part du Royaume-Uni si nous voulons parvenir à un accord sur nos relations futures».

La petite phrase, répétée tel un mantra, traduit la frustration de Bruxelles dans des négociations qualifiées «d’uniques et difficiles» et qui doivent aboutir, «le 29 mars 2019 à minuit», au départ du Royaume-Uni de l’Union européenne. «À un an de la fin du compte à rebours, il est maintenant temps de traduire les discours en accord. (…) Et si on décide de partir, on doit se rendre compte que tout ne pourra rester inchangé», indique le Luxembourgeois, qui plaide pour «la mise en place de solutions réalisables» pour les futures normes régissant les relations de part et d’autre de la Manche.

Nous concentrer sur notre avenir européen et non sur le passé.

Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne

Outre «le respect des droits des citoyens», «le maintien de l’acquis du marché intérieur» ou «le fait que le choix à la carte ne sera pas possible», Jean-Claude Juncker s’est prononcé en faveur de l’absence «d’une frontière dure en Irlande» pour que «la vie des citoyens des deux côtés de la frontière [reste] inchangée». Et ce dernier d’indiquer que «pour nous, ce n’est pas une question irlandaise, mais une question européenne».

Rappelant qu’il existait à ce jour «trois solutions possibles» pour la mise en place du futur accord – un accord de partenariat, «une solution spécifique dont la proposition est attendue par le Royaume-Uni» et «le ‘backstop’, scénario appliqué en cas d’échec des deux premiers et qui doit préserver les intérêts de tous» –, Jean-Claude Juncker insiste sur «l’unité des 27». Raison pour laquelle il rappelle «le besoin de construire notre avenir ensemble», afin de «nous concentrer sur notre avenir européen et non sur le passé et donc sur le Brexit».

La rédaction a choisi pour vous

Xavier Bettel et Leo Varadkar

06 Mars 2018

Le Premier ministre s’est rendu, lundi, à Dublin dans le cadre d’une visite de travail avec son homologue Leo Varadkar. Au cœur des échanges: le départ du Royaume-Uni de l’UE, au moment où la question de la frontière irlandaise se trouve au cœur des débats.

Michel Barnier, commission européenne.

28 Février 2018

Ce qui n’est qu’un projet de texte de négociation a déjà provoqué l’ire du Premier ministre britannique. Le document présenté par Michel Barnier et censé guider les négociations du Brexit souligne des divergences persistantes.