«J’ai des affinités avec d’autres partis que le CSV»

09 Novembre 2018 Par Jean-Michel Hennebert
Avant d’être député et conseiller communal à Luxembourg-ville, Paul Galles a eu plusieurs vies. Avec pour point commun, dans tous les cas, l’aspect social.
(Photo: Maison Moderne)

Assermenté le 30 octobre dernier, le nouveau député CSV du Centre a partagé, vendredi, avec la rédaction de Paperjam, sa vision de la société et ses objectifs politiques. Tous ayant pour point commun sa volonté de mettre en place «un changement de paradigme».

Si Paul Galles fait partie des huit députés assermentés pour la première fois le 30 octobre dernier, il ne présente que peu d’autres points communs avec les nouveaux élus. Que ce soit sur son parcours, ses idées ou sa manière de concevoir son action politique.

Mathématicien de formation devenu prêtre au début des années 1990 – d’abord à Rome, puis à Esch-sur-Alzette –, avant de superviser le projet de Young Caritas après son renoncement à la prêtrise «par amour», Paul Galles garde le souvenir de ses différentes vies. En particulier «le sens de l’engagement pour l’autre» et «la volonté d’établir une communication avec des personnes qui n’ont pas forcément les mêmes références que moi».

Mon approche de la politique peut être vue comme idéaliste.

Paul Galles, député CSV

S’il assure que «la politique est la suite logique des choix faits par le passé», sa vision des mandats qu’il endosse désormais – celui de conseiller communal de la majorité à Luxembourg-ville et celui de député d’opposition – diffère quelque peu du discours général ambiant. «J’ai des affinités avec d’autres partis que le CSV, comme Déi Lénk et Déi Gréng, notamment, et j’ai des amis dans tous les partis», assure Paul Galles. «Car je n’ai pas du tout cette pensée de bloc, qui est une manière de faire très dangereuse, surtout au Luxembourg.»

En défendant une approche «qui peut être vue comme idéaliste», le quadragénaire souhaite introduire dans la politique une manière de faire qu’il a appliquée par le passé, que ce soit dans sa vie au sein de l’Église catholique ou dans le domaine social. À savoir la mise en place de «changements de paradigme», le besoin de «renverser certaines habitudes ou manières d’aborder une situation» pour parvenir à «faire changer les choses».

Je découvre encore le monde politique.

Paul Galles, député CSV

Justifiant son choix du CSV en raison de sa «base de valeurs chrétiennes», l’élu défend une vision dans laquelle «le social, la notion de durabilité et la participation» sont mis au premier plan. Et donc en décalage avec la tendance libérale qui domine actuellement au sein du parti chrétien-social. Lui parle de «complémentarité». Interrogé sur le rejet dans l’opposition du CSV pour une décennie, Paul Galles estime nécessaire le besoin de «pousser plus loin la discussion et la remise en cause». Un travail pourtant mis en place depuis 2013 au sein du parti, mais qui n’aurait «pas encore porté tous ses fruits».

Fort de son «regard neuf», celui qui «découvre encore le monde politique» plaide pour «un changement de génération» au sein des instances dirigeantes du parti. Un renouvellement qui «ne devrait pas se faire de manière agressive», en raison notamment de «la nécessité de bénéficier de l’appui de personnalités dotées d’une forte expérience, comme Claude Wiseler ou Marc Spautz». Ce qui n’empêche pas Paul Galles d’énoncer sa préférence pour la nomination de Martine Hansen comme future chef de fraction ou l’octroi d’un rôle plus important de Serge Wilmes ou d’Élisabeth Margue dans l’organigramme du parti.

Élu dans le Centre avec 16.942 voix, soit plus que le score de la tête de liste nationale LSAP (Étienne Schneider), le nouveau député estime que ce résultat est avant tout dû au fait «de ne pas être une bête politique», et donc «d’être quelqu’un qui donne l’impression de pouvoir représenter la société civile». Sans oublier sa capacité à «nouer le contact avec les jeunes». Autant d’éléments qu’il espère conserver d’ici 2023, année de fin prévue de ses deux mandats. Faute de quoi le jeune élu assure qu’il arrêtera, «surtout si je sens que je ne m’y retrouve plus».

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