«Il n’y a pas de planète B»

07 Juin 2018 Par Laurent Moyse
35 ans Déi Gréng
La cérémonie du 35e anniversaire de Déi Gréng a été l’occasion pour Christian Kmiotek de rappeler les racines du parti et d’honorer à nouveau la mémoire de Camille Gira.
(Photo: LaLa La Photo

Fondé en 1983 le jour de la Fête nationale, le parti Déi Gréng a célébré mercredi soir ses 35 ans à Esch-Belval en présence du couple grand-ducal et de plusieurs représentants politiques et diplomatiques. Cette célébration fut l’occasion de jeter un petit regard en arrière.

La prochaine échéance électorale et la démission inattendue de la coprésidente Françoise Folmer n’ont pas été thématisées lors des festivités d’une formation politique qui a pourtant connu plusieurs secousses ces dernières semaines. Son président, Christian Kmiotek, s’est simplement borné à rappeler le moment difficile qu’a traversé son parti avec la brutale disparition de Camille Gira. Ce dernier fut le premier élu vert à avoir occupé le poste de bourgmestre, endossant des responsabilités communales qui ont fait école et préparant ainsi le terrain à une participation gouvernementale du parti écologique.

Christian Kmiotek a rappelé les racines de Déi Gréng – parti fondé sous le nom de Gréng Alternativ Partei (GAP) –, lesquelles puisent essentiellement dans trois volets: d’abord, le «regard critique sur la croissance», les Verts insistant sur la nécessité de protéger les ressources naturelles, de recourir à des sources substitutives à l’énergie fossile et de combattre la faim et la misère dans le monde. «Il n’y a pas de planète B», a-t-il précisé dans son plaidoyer.

Changement d’approche

Un autre volet ayant marqué les débuts de ce mouvement politique fut l’engagement pacifiste des années 1980 et 1990. Dans ce contexte, Christian Kmiotek a affirmé que la question du désarmement demeure actuelle et que les Verts observent de manière critique l’objectif imposé aux pays membres de l’Otan de consacrer 2% du PIB aux dépenses militaires. Un troisième volet historique est le féminisme, le président de Déi Gréng se réjouissant que, sur le plan politique, on constate un certain progrès avec la constitution de listes plus équilibrées en termes de parité hommes/femmes lors des campagnes électorales.

Le mouvement vert naissant a traversé une phase déterminante lorsqu’il protesta dans les années 1970 contre le projet d’implantation d’une centrale nucléaire à Remerschen. Formé dans l’opposition à l’État comme parti de «l’anti» et du «non», Déi Gréng a modifié peu à peu son approche pour contribuer de manière constructive à «un meilleur avenir», ce qui lui a ouvert la voie vers un partage des responsabilités gouvernementales depuis 2013.

Nouvelle force politique

En 1983, le parti s’est constitué en s’affichant comme alternative aux blocs de droite et de gauche et s’est inscrit dès le départ dans une mouvance écologique. Jacques Poos, à l’époque l’un des leaders du LSAP relégué dans l’opposition, clama peu après la création de ce nouveau parti que celui-ci allait disparaître du paysage politique dès les élections de 1984. Ce scrutin ramena certes les socialistes au pouvoir mais, contrairement à l’affirmation de Poos, les Verts sont devenus depuis lors une force indiscutable de la politique luxembourgeoise.

La soirée s’est poursuivie avec une intervention de Robert Habeck, ministre au sein du gouvernement régional du Schleswig-Holstein et président des Verts en Allemagne depuis janvier 2018. Contrairement à leurs homologues luxembourgeois, les Verts allemands n’ont pas réussi à former une coalition tripartite avec la CDU/CSU et le FDP à la suite des dernières élections en raison d’une trop grande méfiance que les partis affichaient entre eux. Le résultat, selon Robert Habeck, est que l’Allemagne s’est dotée d’un gouvernement que personne ne voulait au départ.

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