«Il fallait faire de Superjhemp un film»

28 Octobre 2018 Interviewé par France Clarinval

L’adaptation cinématographique de la bande dessinée «Superjhemp» est sur nos écrans. Son réalisateur nous raconte une aventure pas comme les autres.

«Superjhemp retörns» est non seulement le premier long métrage du jeune réalisateur Félix Koch, mais aussi une production très attendue par les Luxembourgeois, qui ont été biberonnés aux aventures de Charel Kuddel, qui devient Superjhemp sous la plume de Lucien Czuga et Roger Leiner. Nous avons rencontré Félix Koch, qui rembobine l’histoire du film pour nous.

Comment est née l’idée du film et pourquoi vous?

«Claude Waringo, producteur chez Samsa Film, a acheté les droits de la bande dessinée en 2011. Le personnage de Superjhemp accompagne le quotidien de nombreux Luxembourgeois et il était évident qu’il fallait en faire un film. Il m’a proposé de le réaliser alors que j’étais encore à l’école de cinéma à Potsdam, après avoir vu mon court «Ravioli Ritter». J’ai été immédiatement enthousiaste. Impossible de dire non à un film qui rassemble tout ce que j’aime: la comédie, le fantastique, les effets spéciaux…

Making of de «Superjhemp retörns» avec le réalisateur Félix Koch et l’équipe de Samsa Film. (Photo: Patricia Peribanez)Au centre, le comédien Jules Waringo, avec les comédiens Henri Losch et Luc Feit à droite. (Photo: Ricardo Vaz Palma)Les comédiens André Jung, Désirée Nosbusch et Étienne Halsdorf. (Photo: Patricia Peribanez)

Le projet a mis beaucoup de temps à voir le jour finalement…

«Il y a eu un gros travail d’écriture à différentes étapes. D’abord trouver un angle d’histoire qui puisse fonctionner en long métrage, alors que les bandes dessinées sont des histoires d’une page, reliées à l’actualité. Il fallait obtenir une aide à l’écriture de la part du Film Fund, écrire, réécrire, retravailler, peaufiner le scénario…

Entre les premiers jets, les différentes versions du scénario, les notes d’intention, les idées de traitement, c’est un bon millier de pages que j’ai écrites avant même de passer derrière la caméra. Thierry Faber, puis Lucien Czuga sont aussi intervenus dans le scénario. Ensuite, il fallait trouver le financement et l’aide du Film Fund pour la production. Le tournage lui-même a été assez court, 30 jours tout juste, mais la postproduction pour les effets visuels, réalisés au Luxembourg par Nako, a aussi nécessité du temps…

Au niveau du scénario, le défi était de trouver un fil pour créer une vraie histoire. Comment avez-vous travaillé?

«Dès le départ, les auteurs avaient imposé qu’André Jung (Superjhemp) et Luc Feit (Schrobiltgen, le policier) soient les acteurs. Cela supposait un Superjhemp plus tout à fait jeune… L’idée du come-back, thématique récurrente des films de super-héros, s’est donc imposée. Il était important de garder l’esprit des bandes dessinées et des personnages tout en trouvant une histoire universelle qui ne soit pas liée à l’actualité comme le sont les planches. Nous avons travaillé à une histoire de famille et de filiation.

La comédienne Fabienne Hollwege. (Photo: Ricardo Vaz Palma)Making of du film «Superjhemp retörns» du réalisateur Félix Koch avec les comédiens Raoul Schlechter, Étienne Halsdorf, André Jung et Désirée Nosbusch. (Photo: Samsa Film)Les comédiens Jules Waringo, Henri Losch, Luc Feit et Jules Werner. (Photo: Patricia Peribanez)

Parlez-nous du casting…

«André Jung n’a pas hésité et a dit oui tout de suite, Luc Feit aussi. Il était évident pour moi que Désirée Nosbusch devait être la femme de Superjhemp. Les rôles se sont distribués assez facilement parce que tout le monde était enthousiaste et avait envie de faire partie de l’aventure: Jules Werner, Jean-Paul Maes, Julie Kieffer, Tommy Schlesser… Je suis très content d’avoir trouvé le jeune Étienne Halsdorf, qui joue le fils et qui est en train d’étudier dans une très bonne école de théâtre en Autriche.

Le ressort de la bande dessinée est de se moquer et détourner ce qui se passe au Luxembourg. Est-ce que le film est accessible à tous?

«Nous avons été très respectueux de l’univers de la BD et de son Luxusbuerg. Lucien Czuga veillait au grain. Mais l’idée était de faire une comédie familiale, destinée à tous les publics, y compris ceux qui n’ont pas lu les bandes dessinées. Donc, il y a des aspects plus larges et plus universels qui touchent à l’identité du pays.

Le personnage de Charel Kuddel concentre les bases du Luxembourgeois moyen qui a peur du changement et veut rester dans son confort. On a travaillé l’écriture pour avoir plusieurs niveaux de lecture, dont certains plus critiques, mais toujours un message positif et généreux. S’il est ancré dans la situation du pays, le film est sous-titré en français, pour que le public non luxembourgeois puisse y avoir accès.»

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