Giorgetti, le théâtre d’une vie

10 Août 2018 Par Jean-Michel Lalieu
Marc et Paul Giorgetti prennent la pose sur le chantier du nouveau stade national.
Marc et Paul Giorgetti prennent la pose sur le chantier du nouveau stade national.
(Photo: Maison Moderne)

Coup d’œil sur les petites histoires qui jalonnent les sagas des grandes familles entrepreneuriales du pays présentées dans l’ouvrage «Histoires de Familles». Aujourd’hui, la famille Giorgetti et le pari de la construction du Grand Théâtre pour le millénaire de la capitale.

Venus de Lombardie au Luxembourg au tout début du 20e siècle, les Giorgetti ont imprégné le territoire luxembourgeois de leur talent de bâtisseurs. Première grande trace de leur présence, le château Arbed, bâti au début des années 1920 sur le boulevard de la Liberté. Il est l’œuvre d’Eustache Giorgetti, l’homme par qui tout est arrivé.

Mais pour cette chronique, nous nous arrêterons plus particulièrement sur le bâtiment phare réalisé par son fils, Félix Giorgetti, le père de Marc et Paul, les actuels dirigeants du groupe de construction. Revenons donc sur la construction du Grand Théâtre, édifié pour célébrer le millénaire de la capitale, en 1963.

Construction du Grand Théâtre en 1958.Félix, Eustache et Paul (sur la gauche).La construction du Grand Théâtre est colossale et sera riche en péripéties.

Le projet devait être exemplaire, à proximité du pont Grande-Duchesse Charlotte ouvrant sur le tout nouveau quartier du Kirchberg, encore à construire. Félix Giorgetti entre en compétition et décroche le contrat de construction, en 1958. Un projet qui fera passer l’entreprise à un niveau supérieur et nécessitera des investissements lourds en matériel (grues, coffrages, etc.) et en hommes.

Mais le projet titanesque, qui se joue contre la montre, prend vite des allures du scénario d’«Astérix et Cléopâtre», ainsi que l’explique Marc Giorgetti dans le livre «Histoires de Familles»: «Les pierres Zebrato, qui avaient été choisies pour le revêtement de la façade, ne sont extraites que dans la région de Coni, dans le nord de l’Italie. Mais il y a eu conflit d’intérêts entre les deux carrières sur place, en plus des manœuvres obscures de la part de l’architecte, rendant impossible la descente des pierres du haut de la colline vers la route.»

Bref, pour se sortir de l’impasse, son père a fini par construire un téléphérique à 2.000 mètres d’altitude pour pouvoir transporter les fameuses pierres italiennes.

Une fois ce problème réglé, il a encore fallu pallier le départ de l’architecte du projet, les plans sous le bras. «Mon père et l’architecte de la Ville ont dû rebondir avec les moyens du bord pour achever les travaux.» Le chantier a en tout cas marqué le fils de Félix Giorgetti, qui aime à rappeler que chaque matin, pendant toute la durée des travaux, son père a fait un crochet par le futur Grand Théâtre en conduisant ses enfants à l’école.

Les personnes présentes lors de la remise des prix aux lauréats du Paperjam Top 100 se souviennent de la vive émotion ressentie par Marc Giorgetti lorsqu’il a été désigné lauréat du classement récompensant les décideurs économiques les plus influents, dans ce lieu forcément chargé d’histoire pour lui.

Félix Giorgetti en trois points

  • Dirigeants: Marc et Paul Giorgetti
  • Personnel: 1.500 collaborateurs
  • Chiffre d’affaires: 450 millions d’euros 

L’ouvrage Histoires de Familles est coédité par la Banque de Luxembourg et Maison Moderne. Plus d’informations sur l’e-shop de Maison Moderne.

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