Gambia est morte, vive Gambia!

15 Octobre 2018 Par Matthieu Croissandeau
Les trois partenaires de la coalition sortante ont en effet les moyens de continuer leur aventure commune et de renvoyer le CSV dans l’opposition pour cinq années supplémentaires.
Les trois partenaires de la coalition sortante ont en effet les moyens de continuer leur aventure commune et de renvoyer le CSV dans l’opposition pour cinq années supplémentaires.
(Photo: Anthony Dehez)

Les résultats des élections législatives offrent la possibilité aux partenaires de la coalition sortante de poursuivre leur aventure ensemble. Dans des circonstances toutefois bien différentes…

On prend les mêmes et on recommence? Les résultats du scrutin d’hier ont beau avoir été riches en surprises, ils laissent aujourd’hui peu de place au suspense. Avec une majorité de 31 sièges, les trois partenaires de la coalition sortante ont en effet les moyens de continuer leur aventure commune et de renvoyer le CSV dans l’opposition pour cinq années supplémentaires. Ce qui, il y a quelques jours encore, paraissait loin d’être gagné d’avance…

C’est une majorité courte certes, comme le redoutait lui-même Xavier Bettel durant la campagne. Mais c’est une majorité quand même. Et on voit mal au nom de quoi l’un des partenaires de Gambia déciderait soudainement de claquer la porte. Les uns et les autres n’ont cessé de répéter depuis plusieurs semaines combien ils étaient fiers de leur bilan et combien ils avaient pris plaisir à travailler ensemble. Dès hier soir d’ailleurs, à l’issue d’une rencontre nocturne au ministère d’État entre les chefs à plumes du DP, des Verts et du LSAP, le Premier ministre sortant qui refusait jusque-là d’échafauder des scénarios reconnaissait que la coalition pouvait «évidemment être reconduite».

Déjà-vu?

De quoi donner du coup un petit air de déjà-vu à la formation du prochain gouvernement? Pas si sûr pour autant… Car si le casting reste le même, la répartition des rôles, elle, pourrait bien se retrouver bousculée par les résultats de dimanche. Les rapports de force entre les trois alliés n’ont en effet plus grand-chose à voir avec ceux qui prévalaient il y a cinq ans.

Avec trois sièges supplémentaires, les Verts, qui viennent à eux seuls de sauver la mise de Gambia, ne sont plus une force d’appoint comme en 2013. Ils en sont devenus l’élément-clé et ont désormais les moyens de peser à la fois sur la répartition des postes et sur le futur programme gouvernemental.

Le LSAP, à l’inverse, a changé de division dans la soirée. Les socialistes accusent un net recul, à l’image de leur leader, Étienne Schneider, pourtant architecte et vice-Premier ministre de la première Gambia, mais bien mal élu hier dans le Centre… Ils ne devancent plus les écologistes que d’un seul petit siège et ne sont pas en mesure de fixer de trop fortes exigences.

De quoi faire évidemment les affaires du DP, dont le rôle d’arbitre se trouve ainsi renforcé. Xavier Bettel, deuxième meilleur score du pays derrière l’inimitable Jean Asselborn, a l’occasion de faire parler une nouvelle fois ses qualités de chef d’orchestre habile et consensuel. Et d’inscrire son action à la tête du pays dans la durée.

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