Fin du suspense autour du nouveau gouvernement

05 Décembre 2018 Par Jean-Michel Hennebert
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Six semaines après les élections du 14 octobre et près d’un mois après le début des négociations de coalition, les membres de l’exécutif ont été assermentés par le Grand-Duc ce mercredi. Présentation de la répartition des postes et conséquences à la Chambre.

Près d’un mois et demi après les élections législatives, le Luxembourg possède officiellement un nouveau gouvernement. Si ce dernier est composé, comme en 2013, de représentants du DP, du LSAP et de Déi Gréng, l’exécutif comprend désormais 17 membres – contre 18 lors de la législature précédente – et se veut rajeuni et féminisé.  

Cinq femmes décrochent ainsi un portefeuille ministériel, elles sont principalement issues des rangs de Déi Gréng et du LSAP. Si Corinne Cahen (DP) et Carole Dieschbourg (Déi Gréng) conservent des attributions identiques, ou du moins similaires à celles exercées au cours de la précédente législature – ministre de la Famille et de l’Intégration et ministre à la Grande Région pour l’une, ministre de l’Environnement, du Climat et du Développement durable pour l’autre –, trois nouveaux visages font leur apparition au sommet de l’exécutif.

13 des 17 ministres dans le précédent gouvernement

Ceux de Sam Tanson (Déi Gréng), ministre de la Culture et du Logement, de Taina Bofferding (LSAP), ministre de l’Intérieur et de l’Égalité entre hommes et femmes, et de Paulette Lenert (LSAP), ministre de la Coopération et de l’Action humanitaire et ministre de la Protection des consommateurs. Cette dernière étant l’une des principales surprises de ce gouvernement, la haute fonctionnaire ne figurant pas sur la liste LSAP aux législatives.

Pour continuer à incarner le changement, bien que 13 des 17 ministres aient fait partie du précédent gouvernement, et respecter le nouvel équilibre des forces sorti des urnes, les partenaires de coalition ont opéré de subtils changements. Via la mise en avant de trentenaires comme Taina Bofferding, 36 ans ou Lex Delles (DP), 34 ans, nouveau ministre des Classes moyennes et du Tourisme, mais aussi par une répartition nouvelle des portefeuilles ou des titres.

À 36 ans, Taina Bofferding (LSAP) devient ministre de l'Intérieur et doit incarner le renouveau socialiste. (Photo: Anthony Dehez/archives)Même mission pour Paulette Lenert (LSAP), haute fonctionnaire du ministère de la Fonction publique, qui n'était pas candidate aux législatives (Photo: gouvernement.lu)Sam Tanson (Déi Gréng) était jusqu'à présent députée et conseillère communale à Luxembourg-Ville. (Photo: Anthony Dehez/archives)Lex Delles (DP), 34 ans, bourgmestre de Mondorf-les-Bains, intègre lui aussi le gouvernement en tant que ministre des Classes moyennes et du Tourisme. (Photo: DP)

C’est particulièrement visible pour Déi Gréng qui bénéficie non seulement d’un titre de vice-Premier ministre, attribué à Félix Braz, mais aussi de nouveaux ministères régaliens. En l’occurrence ceux de la Défense et de la Sécurité intérieure, désormais accordés à François Bausch. Des attributions qui octroient au grand vainqueur des législatives une autre dimension politique, même si leur association avec la Mobilité et les Travaux publics aboutit à un assemblage pour le moins hétéroclite et unique à l'heure actuelle en Europe.

Le DP, de son côté, conserve globalement les mêmes ressorts, seule l’introduction d’un ministère de la Digitalisation vient rompre la continuité. Une nouveauté attribuée officiellement à Xavier Bettel, Premier ministre, mais aussi ministre de la Communication et des Médias et ministre des Cultes. Pour le volet digitalisation, il sera secondé par Marc Hansen, également ministre de la Fonction publique et des Relations avec le Parlement. Un ministre qui n’avait pas réussi à être élu à la Chambre, tout comme Taina Bofferding. À noter enfin que le LSAP, au pouvoir de manière discontinue depuis 2004, conserve des ministères prestigieux, que ce soit celui des Affaires étrangères attribué à l’inoxydable Jean Asselborn, ou celui de l’Économie qui restera entre les mains d’Étienne Schneider, également vice-Premier ministre et ministre de la Santé.

Xavier Bettel (DP), Premier ministre, conserve ses principales attributions mais se voit désormais en charge du ministère de la Digitalisation. (Photo: Anthony Dehez/archives)Étienne Schneider (LSAP) reste lui aussi vice-Premier ministre et ministre de l'Économie. (Photo: Anthony Dehez/archives)Félix Braz (Déi Gréng) devient également vice-Premier ministre et reste aussi ministre de la Justice. (Photo: Matic Zorman/archives)À 69 ans, Jean Asselborn reste le doyen de ce gouvernement et conserve le ministère des Affaires étrangères qu'il occupe depuis 2004. (Photo:Anthony Dehez/archives)Non élu à la Chambre, tout comme Taina Bofferding ou Paulette Lenert, Marc Hansen (DP) reste un proche du Premier ministre. (Photo: Christophe Olinger/archives)François Bausch garde dans son giron la Mobilité et les Travaux publics mais hérite de la Défense et de la Sécurité intérieure, deux ministères régaliens. (Photo: Matic Zorman/archives)Dan Kersch (LSAP) passe pour sa part de l'Intérieur au Travail et aux Sports, postes occupés précédemment par Nicolas Schmit et Romain Schneider. (Photo: Nader Ghavami/archives)Romain Schneider (LSAP), pour sa part, devient ministre de l'Agriculture et conserve le ministère de la Sécurité sociale. (Photo: Nader Ghavami/archives)

Conséquences de l’assermentation des nouveaux membres du gouvernement, de nouveaux députés feront prochainement leur entrée à la Chambre. Ce sera le cas, pour le Centre, de Carlo Back (Déi Gréng) et Djuna Bernard (Déi Gréng) en lieu et place de François Bausch et Sam Tanson, de Frank Colabianchi (DP) et Joëlle Elvinger (DP) pour remplacer Xavier Bettel et Corinne Cahen, et de Franz Fayot (LSAP) à la place d’Étienne Schneider.

Dans le Sud, Marc Hansen (Déi Gréng) prendra la suite de Félix Braz, tandis que Lydia Mutsch (LSAP) et Yves Cruchten (LSAP) remplaceront Jean Asselborn et Dan Kersch. Enfin Eugène Berger (DP) et Gusty Graas (DP) occuperont les sièges laissés vacants par Pierre Gramegna et Claude Meisch. Dans le Nord, Stéphanie Empain (Déi Gréng) succèdera à Claude Turmes tandis que Claude Haagen (LSAP) remplacera Romain Schneider. Enfin, dans l’Est, Henri Kox (Déi Gréng) siègera à la place de Carole Dieschbourg, Tess Burton (LSAP) récupèrera le siège laissé vacant par le départ de Nicolas Schmit vers Bruxelles comme futur commissaire européen et Carole Hartmann (DP) fera son entrée à la Chambre en lieu et place de Lex Delles.

Dans le Centre, Carlo Back (Déi Gréng), 66 ans, physicien, conseiller communal et bénévole dans une ONG d’aide au développement, siègera à la Chambre en lieu et place de François Bausch. (Photo: Nader Ghavami/archives)Djuna Bernard, 26 ans, conseillère de direction dans le secteur jeunesse, responsable communication et relations externes de l’Organisation mondiale des scouts, succédera à Sam Tanson. (Photo: Sven Becker/archives)Frank Colabianchi (DP), 55 ans, instituteur et directeur adjoint du Lycée classique de Diekirch, siègera à la place de Xavier Bettel. (Photo: Nader Ghavami/archives)Joëlle Elvinger, elle, occupera le siège de Corinne Cahen. (Photo: Nader Ghavami/archives)Franz Fayot siègera également en lieu et place d'Étienne Schneider. (Photo: Nader Ghavami/archives)Dans le Sud, Marc Hansen (Déi Gréng), homonyme du ministre DP, remplacera Félix Braz. (Photo: Déi Gréng)Lydia Mutsch, jusqu'à présent ministre de la Santé, prendra la place laissée vacante par Jean Asselborn. (Photo: Edouard Olszewski/archives)Yves Cruchten sera à la Chambre pour remplacer Dan Kersch. (Photo: Matic Zorman/archives)Eugène Berger, futur chef de fraction DP jusqu'en 2020, remplacera Pierre Gramegna (Photo: Maison Moderne/archives)Gusty Graas, 60 ans, prendra la place de Claude Meisch. (Photo: DP)Dans le Nord, Stéphanie Empain, 34 ans, indépendante et titulaire d’un M.A. en sciences politiques, siègera à la place de Claude Turmes. (Photo: Déi Gréng)Claude Haagen, président du LSAP, remplacera Romain Schneider. (Photo: Nader Ghavami/archives)Henri Kox continuera de siéger en lieu et place de Carole Dieschbourg. (Photo: Maison Moderne/archives)Idem pour Tess Burton qui prend la place laissée vacante par le départ de Nicolas Schmit vers Bruxelles, comme futur commissaire européen. (Photo: LSAP)Enfin, Carole Hartmann, 30 ans et avocate, ici à droite, occupera le siège obtenu par Lex Delles. (Photo: Nader Ghavami/archives)

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