Félix Braz «a subi une cure de réalisme»

11 Avril 2018 Par François Aulner
Pol Schock.
Pol Schock: «Il a fait son travail, mais on ne voit pas la marque ‘Braz’.»
(Photo: DR)

Pour accompagner l’entretien avec le ministre de la Justice, Félix Braz, Paperjam a récolté les impressions qu’il laisse à différents observateurs. Ici, le journaliste du Luxemburger Wort, Pol Schock.

Comment décrivez-vous le personnage Félix Braz?

«Félix Braz veille très attentivement à avoir tout sous contrôle. Il pèse ses mots, insiste méticuleusement sur son choix des mots et ne perd presque jamais son sang-froid. Par conséquent, il ne fait pas d’erreurs grossières. En revanche, il semble parfois pédant et il donne l’impression de manquer de vision globale (‘bigger picture’).

Comment décrivez-vous sa manière de faire de la politique et de diriger son ministère?

«D’après ce qu’on entend, il serait admiré par ses employés et ses fonctionnaires au sein de son ministère. Il connaîtrait bien ses dossiers et il aurait une façon technocratique de gérer son ministère. Les mauvaises langues prétendent qu’il serait plus administrateur que politicien.

Comment évaluez-vous son travail en tant que ministre de la Justice?

«Tout est dans la continuité. Il n’a pas su imposer sa propre vision. Il a fait son travail, mais on ne voit pas la marque ‘Braz’. Or, sur certains sujets, il en avait l’occasion: la protection des lanceurs d’alerte, éviter le tout sécuritaire, s’opposer plus radicalement au sujet de la burqa.

Comment qualifiez-vous la place ou le poids de Félix Braz et de Déi Gréng au sein du gouvernement?

«En 2013, il était – avec François Bausch – le leader incontesté du parti et à la même hauteur que Xavier Bettel et Étienne Schneider. Est-ce toujours le cas en 2018? François Bausch remplit toujours ce rôle de leader, mais Braz semble désormais avoir été dépassé par Carole Dieschbourg. Il a perdu du poids au sein du parti, et je pense d’ailleurs qu’il en est conscient depuis un certain temps. 

Félix Braz a-t-il pu préserver un profil écologiste au cours des quatre dernières années, ou a-t-il subi une cure de réalisme?

«Si on compare le Félix Braz de 2012/13, qui était un fervent défenseur de l’État de droit lors des affaires Cargolux et du Srel, avec le Félix Braz qui est ministre de la Justice, il faut reconnaître qu’il a subi une cure de réalisme. La loi visant l’interdiction de dissimulation du visage, la conservation des données – tous des sujets plutôt ‘law and order’. C’est loin du profil écologiste d’antan.»

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