EY Luxembourg garde le vent dans le dos

02 Octobre 2018 Par Jean-Michel Lalieu
Alain Kinsch: «C’est le meilleur exercice depuis six ans.»
Alain Kinsch: «C’est le meilleur exercice depuis six ans.»
(Photo: Matic Zorman)

EY annonce une croissance de 11% pour son exercice 2017-2018. Le premier des Big Four à avoir publié ses résultats considère l’économie luxembourgeoise comme une vague porteuse, mais se réjouit aussi des nouveaux contrats signés dans l’audit.

«Nous avons réalisé une très bonne année.» Alain Kinsch, managing director d’EY Luxembourg, pointe que les résultats annuels clôturés au 30 juin dernier permettent d’afficher pour la deuxième année consécutive une croissance de près de 11% (10,9%). Le chiffre d’affaires atteint 215 millions pour la dernière année fiscale.

«C’est le meilleur exercice depuis six ans», poursuit le responsable d’EY Luxembourg. Il admet qu’au-delà de la performance liée à son équipe, il faut aussi tenir compte de la bonne santé de l’économie. «Mais il y a clairement eu une accélération de la croissance au cours des quatre dernières années.»

En séparant métier par métier, les chiffres restent tous en progrès. L’audit progresse de 11%, le conseil de 26,2% et le conseil fiscal de 6,6%.

«Ces résultats montrent aussi la croissance des entreprises luxembourgeoises», commente Alain Kinsch, insistant au passage sur le côté diversifié de la société de conseil. «Nous ne sommes pas seulement là pour les grands groupes financiers. La répartition est quasi égale entre eux et le secteur non financier, jusqu’aux PME.»

Notre approche nous a permis de gagner beaucoup de nouveaux mandats.

Bernard Lhoest, responsable du pôle audit chez EY

Au niveau du métier de l’audit, l’augmentation de 11% dans un secteur mature est qualifiée d’«exceptionnelle» par le responsable de la division, Bernard Lhoest. Il pointe lui aussi que le contexte économique est favorable, mais ce n’est pas l’unique raison: «Notre approche nous a permis de gagner beaucoup de nouveaux mandats, parmi lesquels Encevo, les CFL et la BCEE.»

Rappelons que désormais les grandes entreprises ont l’obligation de lancer un nouvel appel d’offres pour un auditeur tous les 10 ans. Au niveau de la fiscalité, EY Luxembourg parle d’un contexte difficile étant donné la plus grande tendance à la transparence internationale.

«D’un côté, certaines entreprises ont quitté le Luxembourg parce qu’elles n’y voyaient plus d’intérêt», note encore Alain Kinsch. «De l’autre, nous devons assurer un gros effort de formation de notre personnel étant donné les changements qui se sont opérés. Il faut un certain temps avant qu’ils redeviennent 100% productifs.»

L’arrivée de nouveaux acteurs dans le contexte du Brexit est aussi un élément qui a joué.

Olivier Maréchal, responsable Consulting chez EY

Enfin, la forte croissance dans le domaine du conseil est liée notamment, selon Olivier Maréchal, responsable Consulting, au développement de nouvelles réglementations internationales, ainsi qu’aux nouveaux projets relatifs à la digitalisation et à la définition de nouveaux modèles opérationnels.

«L’arrivée de nouveaux acteurs dans le contexte du Brexit est aussi un élément qui a joué, de même que la création de nouveaux services dans le reporting qui génèrent des rentrées récurrentes», note-t-il.

Enfin, EY Luxembourg estime qu’à la fin de cette année, son personnel atteindra 1.400 unités. L’entreprise compte engager 400 juniors pour y arriver. «Nous devons vivre avec une rotation plus importante encore du personnel depuis deux ou trois ans», pointe le managing director. «Elle atteint 24% contre 20% en exercice normal.» La raison vient, selon lui, de l’intense compétition pour recruter certains métiers en quasi-pénurie sur la Place.

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