Évolution des taux d’intérêt et rendements obligataires

06 Avril 2017 Par Guy Ertz (BGL BNP Paribas)
Guy Ertz
Guy Ertz: «En Europe, même si les prévisions de croissance économique se sont améliorées, elles restent faibles en niveau absolu.»
(Photo: Julien Becker / Archives)

L’évolution des taux d’intérêt et rendements obligataires a connu un revirement assez spectaculaire l’été dernier. Le contexte économique a beaucoup changé au cours des derniers mois. Analyse avec Guy Ertz, chief investment advisor chez BGL BNP Paribas.

Deux éléments ont été la source du revirement: les matières premières (1) et l’élection de Donald Trump (2). Les prix des matières premières jouent un rôle-clé via les attentes d’inflation. Celles-ci avaient formé un point bas début 2016 et la tendance haussière a généré une accélération progressive de l’inflation ainsi que des attentes d’inflation de long terme. L’élection américaine a ajouté une nouvelle dimension quant à la croissance économique et quant à la pérennité de l’accélération de l’inflation. Les programmes de relance économique par le biais des dépenses en infrastructures, les baisses de taxes et le projet d’introduction de tarifs à l’importation sont source de croissance et d’inflation. En effet, aux États-Unis, au vu des taux d’utilisation des capacités déjà très élevés, une partie de la demande additionnelle devrait se traduire par une augmentation de l’inflation. L’introduction de tarifs à l’importation devrait aller dans le même sens. L’inflation américaine devrait donc rester élevée, et il existe un risque d’accélération non désirée de celle-ci. En Europe, le risque d’accélération durable de l’inflation semble faible dans un contexte d’un taux de chômage qui reste nettement plus élevé comparé à la période d’avant-crise.

En regardant de plus près la hausse des taux de rendement obligataires américains depuis l’été dernier, on voit qu’elle provient d’une combinaison d’un effet de taux réels ou ajustés de l’inflation (mesurés par le taux des obligations indexées sur l’inflation) et d’une hausse des attentes d’inflation (mesurées par le biais de produits dérivés). Certaines mesures suggèrent également que la prime de rendement exigée pour compenser un investisseur de s’engager sur les maturités plus longues a augmenté. Ceci semble logique au vu du risque de volatilité plus élevée de l’inflation.

En Europe, même si les prévisions de croissance économique se sont améliorées, elles restent faibles en niveau absolu. Le risque de déflation a toutefois fortement baissé grâce à la stabilisation des prix des matières premières et la baisse de l’euro. Il n’est donc pas étonnant qu’en Europe, en prenant l’exemple de l’Allemagne, les taux de rendement ont augmenté principalement via une hausse des attentes d’inflation. En effet, les taux de rendement réels sont restés quasi inchangés. Le fait que la Banque centrale européenne continue ses achats d’obligations a probablement biaisé un peu cette évolution.

La Banque centrale américaine va très probablement augmenter encore son taux directeur à deux reprises cette année, et trois hausses devraient suivre en 2018. Elle devrait également normaliser sa politique d’achats obligataires. En Europe, la Banque centrale européenne devrait maintenir son taux directeur inchangé jusque fin 2018. Elle s’oriente toutefois vers une annonce de réduction de ses achats obligataires en fin d’année avec mise en œuvre début 2018. Après la faiblesse des derniers jours, les taux de rendement obligataires devraient donc repartir sur une tendance haussière au cours de l’année à venir autant aux États-Unis qu’en Europe. Le rendement à maturité de l’obligation gouvernementale américaine devrait atteindre 3% d’ici un an alors que son équivalent allemand serait à 1%. Au vu des taux actuels, la tendance haussière va pousser le prix des obligations existantes à la baisse pour compenser la perte d’attractivité du coupon. Il est donc prudent de réduire son exposition au risque de remontée des taux. Dans l’univers des obligations, les obligations d’entreprises européennes (maturités courtes) offrent encore un couple risque-rendement intéressant. Pour les investisseurs en dollar, les obligations d’entreprises avec des taux variables offrent également un investissement attractif.

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