Étienne Schneider, le regard vers les étoiles

09 Octobre 2018 Par Laurent Moyse
Etienne Schneider
Étienne Schneider (ici lors de la présentation de sociétés actives dans le secteur spatial) semble convaincre en interne par son audace, puisqu’il a été reconduit par les cadres du parti comme chef de file pour les législatives.
(Photo: Matic Zorman / archives)

Serie: les têtes de liste en portrait (1/4). Vice-Premier ministre du gouvernement sortant, Étienne Schneider repart à l’offensive dans l’espoir d’un bon alignement des planètes au soir du 14 octobre. Sa mission s’annonce périlleuse, mais le leader socialiste ne craint pas la confrontation. Retour sur son parcours.

Au moment d’aborder les élections anticipées de 2013, Étienne Schneider lança un double pari: évincer le CSV du gouvernement et devenir Premier ministre en succédant à Jean-Claude Juncker, quelque peu usé par 18 ans de pouvoir, sur fond d’affaire de dysfonctionnement du service secret de l’État, le Srel. 

Il n’est parvenu à atteindre son objectif qu’à moitié, car si la cohabitation du LSAP avec le DP et Déi Gréng a mené à un renversement d’alliance, sur un plan plus personnel, il a dû s’effacer devant Xavier Bettel en lui laissant le poste de chef du gouvernement, du fait de la progression importante du parti libéral et de la stagnation du parti socialiste.

Cinq ans plus tard, le leader socialiste repart à l’offensive avec l’ambition de maintenir le LSAP au pouvoir. Très à l’aise sur le plan rhétorique, il est parvenu à se hisser à la tête du parti malgré des orientations politiques qui ne sont pas toujours en phase avec une frange de la base militante. 

Son approche plutôt libérale en matière économique a de quoi heurter les partisans d’un commerce davantage encadré par l’État et d’une croissance plus régulée. Les appels à la modération, voire à une décroissance, ont de quoi l’irriter et l’obligent à rappeler de temps à autre qu’un faible taux de croissance se répercute sur la dette publique et sur l’emploi. Son audace semble payer puisqu’il a été à nouveau plébiscité par les délégués pour être le candidat national aux élections législatives de ce mois d’octobre.

Images contrastées

Ne craignant pas la confrontation, Étienne Schneider se démarque aussi de son rival socialiste Jean Asselborn qui, malgré une popularité au zénith dans les sondages, n’a pas réussi à freiner l’érosion de son parti lors des scrutins où il était l’incontestable chef de file. Le fait que les deux candidats se présentent dans deux circonscriptions différentes évite sans doute bien des problèmes de cohabitation. Au cours du dernier congrès du parti à Strassen, Jean Asselborn a adressé une critique à peine voilée à son successeur – qui lui avait ravi la place en 2013 – en lui conseillant de «garder les pieds sur terre».

Les deux hommes ne pourraient être plus différents. Autant le ministre des Affaires étrangères soigne son image d’homme simple, cultivant son capital de sympathie avec ses apparitions dans des émissions télévisées culinaires ou en arpentant les cols alpins avec sa bicyclette, autant Étienne Schneider valorise une image plus technocratique, se distinguant en tant que ministre de l’Économie par des initiatives hors des sentiers battus en faisant appel au très médiatique Jeremy Rifkin ou en lançant un ambitieux projet d’exploitation de l’espace.

Postes à responsabilités

Membre du LSAP depuis 1991, Étienne Schneider (47 ans) connaît bien les rouages de l’État pour avoir gravi les échelons en tant que haut fonctionnaire avant de devenir ministre. Il a notamment été premier conseiller du gouvernement au ministère de l’Économie et du Commerce extérieur sous la tutelle de Jeannot Krecké, son mentor. 

Chargé en 2011 de la direction générale du développement économique, de l’industrie et des entreprises, il a siégé au conseil d’administration de plusieurs sociétés dotées d’une participation de l’État – dont la SNCI – et assumé la présidence de l’une ou l’autre entreprise du secteur énergétique, à l’instar d’Enovos et Creos.

Dans ses compétences actuelles figure aussi la défense, une responsabilité qui rappelle son poste de chargé de mission auprès de l’Otan qu’il a occupé en 1997 à Bruxelles. Durant la campagne électorale, il s’est montré prêt à passer à l’offensive.

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