Étienne Schneider, chef de file du LSAP

10 Janvier 2018 Par François Aulner
LSAP
Étienne Schneider appelle au débat constructif au sein du LSAP, mais également à l’unité.
(Photo: Nader Ghavami)

D’apparence, l’ambiance était décontractée lors du pot du Nouvel An du LSAP ce mardi soir. Tandis que les dirigeants du parti désignaient Étienne Schneider comme chef de file pour 2018, en coulisse, les divergences se font sentir.

La question de savoir «qui mènera le LSAP lors des législatives du 14 octobre» semble désormais tranchée, du moins pour certains. Devant plus de 300 sympathisants, membres et mandataires du LSAP rassemblés aux Rotondes pour le pot du Nouvel An du parti, le président du LSAP, Claude Haagen, introduisait, de manière un peu surprenante, Étienne Schneider comme «notre candidat chef de file».

Même si le très populaire ministre des Affaires étrangères Jean Asselborn — absent lors du pot du Nouvel An — avait d’ores et déjà annoncé qu’il renoncerait à être chef de file, d’après les statuts du LSAP, la désignation devra encore être officialisée lors d’une assemblée extraordinaire, prévue au printemps.

Les mots choisis par Claude Haagen faisaient toutefois grincer certaines des dents, d’autant plus qu’Étienne Schneider, étant jugé parfois trop libéral, ne fait pas l’unanimité au sein de son parti, en particulier dans l’aile gauche de ce dernier. Une cinquantaine de militants du LSAP seraient d’ailleurs sur le point d’adresser un courrier aux dirigeants, rapportait RTL Télé plus tard dans la soirée.

Le 14 octobre, nous sourirons encore.

Étienne Schneider, vice-Premier ministre

Un sentiment qui risque d’être attisé par les réflexions d’Étienne Schneider au sujet d’une fusion des partis libéraux et de gauche en cas de grand bloc de droite à l’issue du scrutin du 14 octobre, rapporté par Paperjam quelques heures avant le rassemblement du parti. Lors du pot du Nouvel An, en revanche, pas question évidemment de faire dans le défaitisme, ou dans le libéralisme économique.

Au contraire, Étienne Schneider, qui dominait largement le temps de parole, revenait sur les nombreuses propositions du LSAP pour l’après 2018, qui serait, selon lui, dominé par la question de la «cohésion sociale». Il rappelait les revendications, comme l’augmentation du salaire social minimum, comme davantage de soutien pour les ménages les plus faibles qui cherchent à acquérir un logement, ou encore une «réforme» de la semaine de 40 heures de travail. D’autre part, il rappelait qu’une réforme des pensions, comme le demande le CSV, serait hors de question.

Par ailleurs, il louait une fois de plus une politique qui aurait connu beaucoup de succès macroéconomique et sociétal, malgré un «départ difficile» avec le référendum échoué de 2015, ou encore le «paquet d’avenir», qui introduisait des mesures d’économies. Le vice-Premier ministre concluait la soirée avec la phrase suivante: «Vous verrez, le 14 octobre, nous sourirons encore.»

Place aux jeunes

En marge du pot du Nouvel An, on entendait que la tribune libre, signée par 10 politiciens et membres du LSAP et qui demande en outre davantage de participation de la base à l’élaboration du programme électoral, n’avait pas été très appréciée par tout le monde.

Étienne Schneider réagissait mardi soir — dans un ton joyeux — et lançait cet appel: «Arrêtez d’écrire des lettres. Notez vos idées et rapportez-les-nous. Nous en avons besoin.» Claude Haagen, ainsi que le secrétaire général du parti, Yves Cruchten, invitaient pour leur part «tous les membres» à s’impliquer dans les travaux d’élaboration du programme au cours des prochaines semaines et mois, notamment par voie de questionnaire électronique.

Pour finir, pour montrer qu’ils sont à l’écoute et qu’ils veulent impliquer les jeunes et les femmes, les dirigeants du LSAP invitaient sur scène, de manière un peu artificielle, trois jeunes militants du parti, ainsi que la députée et signataire de la tribune libre Taina Bofferding, pour raconter pourquoi ils avaient rejoint le parti socialiste.

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