Encore un couac dans la musique d’Aiva

19 Mai 2017 Par France Clarinval
Prévue pour être jouée le 23 juin à la Philharmonie le 23 juin, l’œuvre composée par la start-up Aiva n’en finit plus de faire parler d’elle.
Prévue pour être jouée le 23 juin à la Philharmonie, l’œuvre composée par la start-up Aiva n’en finit plus de faire parler d’elle.
(Photo: Benjamin Champenois / Archives)

Après la levée de boucliers de la Fédération luxembourgeoise des auteurs et compositeurs (Flac) suite à la réponse du ministre de la Culture, c’est à présent la Sacem qui prend position quant à la légitimité de la start-up comme compositeur.

Nouveau rebondissement dans le bras de fer entre la Flac et le ministre de la Culture. Répondant à une question parlementaire de la députée CSV Octavie Modert, Xavier Bettel avait affirmé que la start-up Aiva, dont le logiciel a composé une musique qui sera jouée à la Fête nationale, est «reconnue officiellement comme compositeur par la Sacem».

C’est désormais ladite Sacem qui prend position par l’intermédiaire de David Laborier, président de la Commission consultative des ayants droit (CCAD). Il estime que «la déclaration de M. le Ministre de la Culture est erronée» quand il affirme le statut de membre Sacem de l’algorithme Aiva. Il précise ensuite que «le droit d’auteur est attribué aux personnes physiques et ne peut être attribué à une personne morale».

La déclaration de la Sacem modère sa critique: «La CCAD de la Sacem Luxembourg ne souhaite en aucun cas aller à l’encontre de l’exploration de nouvelles techniques et méthodes de composition musicale ou de l’intégration de nouvelles technologies au processus de création musicale.»

C’est l’appartenance à la société qui redistribue les droits d’auteur qui est dénoncée. «L’algorithme en lui-même n’est pas membre d’une société de gestion collective des droits d’auteur, c’est une personne physique membre de la start-up Aiva Technologies qui l’est et qui déclare les œuvres sous le pseudonyme Aiva.» Le slogan mis en avant par la start-up est aussi vivement critiqué: «Je me permets de condamner de vive voix le slogan employé par Aiva Technologies sur le site internet: ‘I am the world’s first virtual artist recognised by an author’s rights society’.»

David Laborier en profite pour rappeler que la première composition basée sur un algorithme date de 1957 et que l’algorithme Ianus, en 2012, a créé une œuvre enregistrée par le London Symphony Orchestra.

Il soulève finalement les questions les plus épineuses: «Ne serait-ce pas une sérieuse dévalorisation du métier de compositeur, des connaissances requises à l’exercice de cette profession et une sérieuse dévaluation du travail fourni par les métiers de la création artistique? Ces points restent l’objet d’un débat à mener entre tous les acteurs du domaine de la création musicale avec le ministère chargé du développement et de la promotion des métiers de la création artistique.»

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