Don't disturb.

16 Février 2001 Par Jean-Luc Walraff

Un président de jury se confie:

Vendredi 28 avril, 07h20.

Sans ce maudit web auquel je suis devenu accro,

j'aurais dormi 6 heures et je ne pesterais ni contre mon réveil ni ?déjà-

contre Belgacom qui ne manquera sûrement pas de m'envoyer une facture que

je devine salée. Là, pour l'heure, je passe mes nerfs sur ce pauvre

radio-clock qui n'en peut rien, sinon que, par compassion, il pourrait s'abstenir de me

rapporter ce matin d'aussi mauvaises nouvelles.

09h00.

Répétition. Le PowerPoint fait des siennes. A moins que ce soit moi

qui me mélange les pinceaux, encore enduits de la colle en bombe avec

laquelle je viens de fixer trois maquettes de dernière minute. Stress.

Vite, vite, un café. Serré pour moi, merci. Ultimes retouches au rationnel

créatif. Dernières recos de la directrice de clientèle.

10h00.

Présentation. Décidément, le client nous gâte. Campagne refusée.

Mais vous avez encore tout le week-end pour plancher. Je ne dois la

soumettre au Président que mardi. Merci, sauf que la campagne était

franchement sympa et que, plus contrariant, lundi devait être chômé. Devait

être.

12h20.

Téléphoner au Doux Wazoo pour m'excuser auprès de mon invité du fait

que la présentation se prolonge et que je ne le rejoindrai pour le lunch

que dans une heure. Prends déjà l'apéro. Prends-en même deux, veux-tu? J'arrive

dès que peux.

15h00.

Je n'aurais jamais dû manger aussi vite. Faire le tour des équipes

créatives de McCann. Sauter d'un client à l'autre. De Touring à la Deutsche

Bank. D'Opel à Bacardi. De Yoplait à l'Office du Tourisme marocain.

Répondre à 1.326 coups de téléphone et 12.567 e-mails.

17h20.

Aller saluer Fabienne et Stefaan, des médias, qui nous quittent.

Merci pour tout. Au revoir. Bonne route! Désolé, je ne peux pas rester pour

votre drink. Je dois gagner Luxembourg. Long week-end oblige, le

radio-guidage n'annonce rien de bon sur la route.

18h30.

Une heure de bagnole et me voici seulement à Namur. La remise des

prix commence à 20 heures. Surtout ne pas me tromper de sortie d'autoroute.

C'est où encore, le Kirchberg? Mais d'abord me sortir de ce [email protected]§'#*! d'embouteillage.

20h00.

Ouf! Bonjour Lou. Salut Christiane. Smack, smack. Coucou toi, tu vas

bien' Musique. Générique.

20h12.

Don't disturb. Trois affiches, simples comme la vraie vie, belles

comme un jour de soleil, émouvantes comme un souvenir de vacances - tout le

contraire de la pub tapageuse - me rappellent un bonheur que j'avais égaré.

Qu'il doit être bon de prendre un peu de temps pour lire! Du temps juste

pour soi. Promis, demain samedi, je passe chez Ernster.