Don't disturb.
Un président de jury se confie:
Vendredi 28 avril, 07h20.
Sans ce maudit web auquel je suis devenu accro,
j'aurais dormi 6 heures et je ne pesterais ni contre mon réveil ni ?déjà-
contre Belgacom qui ne manquera sûrement pas de m'envoyer une facture que
je devine salée. Là, pour l'heure, je passe mes nerfs sur ce pauvre
radio-clock qui n'en peut rien, sinon que, par compassion, il pourrait s'abstenir de me
rapporter ce matin d'aussi mauvaises nouvelles.
09h00.
Répétition. Le PowerPoint fait des siennes. A moins que ce soit moi
qui me mélange les pinceaux, encore enduits de la colle en bombe avec
laquelle je viens de fixer trois maquettes de dernière minute. Stress.
Vite, vite, un café. Serré pour moi, merci. Ultimes retouches au rationnel
créatif. Dernières recos de la directrice de clientèle.
10h00.
Présentation. Décidément, le client nous gâte. Campagne refusée.
Mais vous avez encore tout le week-end pour plancher. Je ne dois la
soumettre au Président que mardi. Merci, sauf que la campagne était
franchement sympa et que, plus contrariant, lundi devait être chômé. Devait
être.
12h20.
Téléphoner au Doux Wazoo pour m'excuser auprès de mon invité du fait
que la présentation se prolonge et que je ne le rejoindrai pour le lunch
que dans une heure. Prends déjà l'apéro. Prends-en même deux, veux-tu? J'arrive
dès que peux.
15h00.
Je n'aurais jamais dû manger aussi vite. Faire le tour des équipes
créatives de McCann. Sauter d'un client à l'autre. De Touring à la Deutsche
Bank. D'Opel à Bacardi. De Yoplait à l'Office du Tourisme marocain.
Répondre à 1.326 coups de téléphone et 12.567 e-mails.
17h20.
Aller saluer Fabienne et Stefaan, des médias, qui nous quittent.
Merci pour tout. Au revoir. Bonne route! Désolé, je ne peux pas rester pour
votre drink. Je dois gagner Luxembourg. Long week-end oblige, le
radio-guidage n'annonce rien de bon sur la route.
18h30.
Une heure de bagnole et me voici seulement à Namur. La remise des
prix commence à 20 heures. Surtout ne pas me tromper de sortie d'autoroute.
C'est où encore, le Kirchberg? Mais d'abord me sortir de ce [email protected]§'#*! d'embouteillage.
20h00.
Ouf! Bonjour Lou. Salut Christiane. Smack, smack. Coucou toi, tu vas
bien' Musique. Générique.
20h12.
Don't disturb. Trois affiches, simples comme la vraie vie, belles
comme un jour de soleil, émouvantes comme un souvenir de vacances - tout le
contraire de la pub tapageuse - me rappellent un bonheur que j'avais égaré.
Qu'il doit être bon de prendre un peu de temps pour lire! Du temps juste
pour soi. Promis, demain samedi, je passe chez Ernster.




