Digitaliser le cash pour l’inclusion financière

10 Septembre 2018 Par Jonas Mercier
Rossini Zumwalt, Chief Payment Officer d'Emergent Payments
«Dans de nombreux pays, une très grosse partie de la population a accès à internet, mais pas à celui de la finance digitale», rappelle Rossini Zumwalt, chief payment officer de la start-up américaine.
(Photo: Emergent Payments)

La start-up américaine Emergent Payments digitalise le cash pour ouvrir les portes de l’e-commerce à ceux qui, dans les pays en développement, n’ont pas accès aux moyens de paiement digitaux.

Vous êtes-vous déjà demandé comment vous vous débrouilleriez sans votre carte bancaire? Pire encore, si vous n’aviez pas de compte en banque? Ces questions n’ont pas beaucoup d’intérêt dans les pays développés, où la majorité des transactions financières empruntent la voie digitale depuis des années déjà.

Mais dans d’autres zones du globe, la situation est différente et les paiements par cash restent une réalité bien ancrée dans le paysage économique. Ce constat pousse de plus en plus de fintech à se positionner sur le marché de l’inclusion financière.

Emergent Payments est l’une d’entre elles. Fondée en 2013 sur la côte ouest des États-Unis, elle a d’abord été active dans le monde du jeu vidéo avant de s’engager pleinement dans cette cause à partir de 2015.

Acheter sur internet avec du cash

«Saviez-vous que seulement 1% de la population vietnamienne possède une carte de crédit? Ou bien qu’en Afrique, on ne jure que par le paiement mobile, qui ne nécessite ni carte de crédit ni compte bancaire?», questionne Rossini Zumwalt, chief payment officer de la start-up américaine.

«Le développement de n’importe quelle économie, qu’elle soit développée ou en développement, passe par l’e-commerce. Dans de nombreux pays, une très grosse partie de la population a accès à internet, mais pas à celui de la finance digitale. Nous essayons donc de répondre à la question suivante: Comment digitaliser le cash pour permettre d’acheter sur internet?», ajoute-t-elle.

La fintech cherche ainsi à faire le lien entre les multinationales qui proposent des biens et services digitaux en ligne et les consommateurs de ces pays, qui n’ont aucun moyen de payer en ligne.

Comme un sac de farine…

Concrètement, Emergent Payments s’allie à des prestataires de paiement locaux, eux-mêmes en lien avec une multitude de commerçants sur le territoire, qui deviennent autant de points de vente. Les consommateurs, eux, viennent avec leur cash au magasin et peuvent acquérir une chanson ou un film, mais aussi de la publicité en ligne ou des programmes informatiques pour ceux qui souhaitent développer leur petite affaire. L’ambition est de rendre ces achats sur internet aussi simple que ceux d’un kilo de farine, d’une bouteille d’huile ou d’un paquet de chewing-gum.

Le plus difficile est de comprendre les habitudes de consommation du pays et le fonctionnement du cadre réglementaire.

Rossini Zumwalt, chief payment officer d’Emergent Payments

La start-up ne permet toutefois pas l’achat de biens physiques, du fait de questions logistiques encore trop complexes à gérer. Aujourd’hui, Emergent Payments est présente dans 41 pays en développement en Afrique, Asie et Amérique du Sud. Et elle a l’objectif d’en compter 25 de plus d’ici la fin de l’année.

Ces différentes régions possèdent toutefois des réalités bien différentes. Et si la fintech se classe parmi les leaders sur ce créneau en Afrique, elle fait face à une forte concurrence en Amérique latine. «Le plus difficile n’est pas d’intégrer notre solution technique – cela peut se faire en trois semaines seulement –, mais de comprendre les habitudes de consommation du pays et le fonctionnement du cadre réglementaire», ajoute Rossini Zumwalt.

Dans l’attente d’une licence auprès de la CSSF

Du côté des multinationales, Emergent Payments dit travailler avec certains des plus gros acteurs du divertissement, de l’éducation et de la publicité en ligne. Elle refuse toutefois de donner des noms par souci de confidentialité. Ce qui est sûr, c’est qu’il ne s’agit pour l’instant que d’entreprises américaines et asiatiques.

La jeune pousse n’a – pour l’instant – pas encore de licence de paiement sur le Vieux Continent. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle a ouvert un bureau dans les locaux de la Lhoft – en plus de ceux qu’elle a à Genève, Dubai, Shanghai ou encore à Accra (Ghana) et Houston.

Elle compte faire du Luxembourg son hub européen et attend le sésame de la CSSF pour pouvoir connecter les grands acteurs locaux du e-commerce digital européen à son réseau. Et leur ouvrir ces nouveaux marchés très prometteurs.

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