Deux jours = 1,36 million d’heures «non productives»

08 Février 2019 Par Thierry Raizer
Selon la Chambre des métiers, le projet de loi 7399 augmenterait«les déséquilibres créés (…) suite aux mesures engagées par le gouvernement passé.»
Selon la Chambre des métiers, le projet de loi 7399 augmenterait «les déséquilibres créés (…) suite aux mesures engagées par le gouvernement passé».
(Photo: Shutterstock)

L’artisanat a fait ses comptes en prévision des deux jours de congé supplémentaires. La Chambre des métiers estime à 1,36 million les heures «perdues» en production par les 84.987 salariés du secteur.

Côté patronal, c’est LE combat du début de mandat du deuxième gouvernement DP-LSAP-Déi Gréng. Les deux jours de congé supplémentaires prévus par l’exécutif pour les salariés ne passent décidément pas au sein des fédérations professionnelles.

L’idée de voir un 26e jour légal accordé, ainsi que la création d’un jour férié (le 9 mai pour la Fête de l’Europe) représente, outre les coûts et conséquences, un déni de consultation du patronat, d’après les prises de position formulées depuis plusieurs jours, à l’exemple de l’avis de la Chambre de commerce.

La Chambre des métiers a publié, à son tour, un avis sur le projet de loi 7399. Et en demande le retrait. «Pour le cas où, malgré son opposition, ce dernier était maintenu, la Chambre des métiers demande au gouvernement de prendre à brève échéance des mesures compensatoires équivalentes au profit des entreprises», explique la Chambre représentant l’artisanat.

«Désavantage concurrentiel»

La crainte est de ne pas être entendue, comme ce fut le cas autour de la flexibilisation du temps de travail qui s’est faite uniquement en faveur des salariés. 

Le projet de loi augmenterait ainsi «les déséquilibres créés (…) suite aux mesures engagées par le gouvernement passé, notamment la réforme de l’organisation du temps de travail et la flexibilisation du congé parental, tout en renforçant substantiellement la pression en matière organisationnelle sur les entreprises», ajoute la Chambre des métiers.

Pour rendre tangible sa position, l’organisation patronale a fait ses comptes: «Une estimation du volume global des heures non productives ainsi créées pour le seul secteur de l’artisanat est évaluée à 1,36 million d’heures1.» 


La Chambre des métiers a effectué ses calculs sur base des 84.987 salariés relevés pour l’artisanat (statistiques de 2017).

Les 16 heures «non productives» sont «source de problèmes organisationnels et (sont) de nature à désavantager notre économie par rapport à la concurrence étrangère», ajoute encore l’organisation. 

Si le patronat a peu de chance de voir le projet annulé, il entend bien obtenir des mesures compensatoires. Un premier dossier sur la table du futur président de l’UEL, Nicolas Buck, qui a évoqué ce sujet ce matin au micro de 100,7:

Notes:

1 Sur base des 84.987 salariés relevés pour l’artisanat (statistiques de 2017).

2 https://guichet.public.lu/fr/entreprises/ressources-humaines/temps-travail/gestion/travail-jours-feries.html

3 Dans ce cas de figure, le «jour férié» en lui-même est un jour non productif.

4 Salaire correspondant à la «rétribution du nombre d’heures de travail qui auraient normalement été prestées» le jour devenu jour férié.

5 Pour le cas où le salarié n’aurait dû travailler que 4 heures ou moins, il a droit à une demi-journée de congé compensatoire.

6 À prendre dans un délai de 3 mois.

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