Déi Lénk, seul contre tous

13 Janvier 2017 Par François Aulner
Carole Thoma devant ses «camarades» de Déi Lénk.
( photo: paperJam )

Le parti de gauche se voit comme la seule alternative face aux forces néo-libérales. Déi Lénk veut mobiliser pour les communales: selon lui, c’est au niveau local que la démocratie est le plus près des gens.

Déi Lénk, qui compte deux sièges au parlement, a rassemblé ce jeudi soir, par temps très pluvieux, une bonne cinquantaine de «camarades» dans les modestes locaux du centre culturel de Bonnevoie, pour dire «au revoir» à 2016. Dans les termes de la porte-parole du parti, Carole Thoma, seule à prendre la parole jeudi soir, «une année de merde».

Elle a évoqué la bataille d’Alep, le Brexit, l’élection de Donald Trump et le verdict en première instance dans le procès LuxLeaks. Procès qui, aux yeux de la gauche au Luxembourg, reflèterait un monde à l’envers: tandis que des dénonciateurs d’une optimisation fiscale trop agressive seraient punis, on constaterait que les inégalités grandissent.

Tournée générale

La réforme fiscale au Luxembourg, entrée en vigueur ce 1er janvier, ne changera rien pour les plus démunis au Grand-Duché, selon Déi Lénk. Carole Thoma a taclé les partis qui ont gouverné les dernières années: «Une personne sur dix est un ‘working poor’.» La porte-parole de Déi Lénk a par ailleurs souligné que la revalorisation du salaire social minimum, avec laquelle le gouvernement se serait tellement «vanté», ne serait en réalité qu’une adaptation à l’inflation.

Elle a décrit la réforme fiscale comme «une tournée générale» qui profiterait, en chiffres absolus, particulièrement aux plus aisés, tandis que les petits salaires ne recevraient que des miettes. Rien de surprenant selon elle, quand un gouvernement privilégierait les «high net worth individuals» au détriment des plus démunis, promouvant ainsi également les «logements de luxe», qui ne feraient que faire grimper les prix immobiliers.

Intégrité

Dans les rares attaques ciblées, la porte-parole de Déi Lénk n’a visé que les Verts (Déi Gréng) et le parti socialiste (LSAP). Pour Carole Thoma, les Verts auraient montré à quelle rapidité ils seraient capables de changer leurs priorités. Pour exemple, elle a rappelé que les Verts, qui avaient eux-mêmes proposé à leur époque dans l’opposition une sixième semaine de congé légal, ont l’année dernière complètement ignoré la même proposition faite par Déi Lénk lors des débats sur la réforme de l’organisation du temps de travail.

Carole Thoma a continué en ironisant sur un autre sujet «Comment peut-on évoquer l’économie circulaire et en même temps viser les astéroïdes?». Ici, les reproches se sont dirigés vers le ministre de l’Économie, Étienne Schneider, à qui on attribue le projet «space mining», qui selon la porte-parole de la gauche, consisterait «une fois de plus à jongler avec les paragraphes» pour faire de l’argent.

À l’attaque

La porte-parole de Déi Lénk a estimé que la situation actuelle ne peut plus durer. Une situation dans laquelle «les gens ont raison de se sentir baisés», parce qu’on leur refuserait la démocratie. Pour Carole Thoma, «les élections à venir sont un croisement»: ou bien le système deviendrait plus social, plus démocratique, plus écologique et plus juste, ou bien on se remettrait à faire «couler du béton pour construire des murs».

Les élections communales seraient leur chance, a conclu Carole Thoma. Pour éviter une autre «année de merde», tout le monde devrait prendre ses responsabilités et aider à transformer la frustration en engagement. Elle a dit être confiante qu’en 2017, Déi Lénk parviendra à poser la première pierre.

Pas un mot, par contre, sur quel autre parti serait potentiellement un partenaire pour gouverner, ne serait-ce pour le moment qu’au niveau local.

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