Déi Lénk, de l’émancipation à la visibilité

11 Octobre 2018 Par Laurent Moyse
Déi Lénk compte actuellement deux mandats, exercés par rotation comme le prévoit le parti. David Wagner et Marc Baum auront terminé la mandature 2013-2018.
Déi Lénk compte actuellement deux mandats, exercés par rotation, comme le prévoit le parti. David Wagner et Marc Baum auront terminé la mandature 2013-2018.
(Photo : Mike Zenari / archives)

Série (3/6): l’évolution des résultats des partis. Des six partis représentés actuellement à la Chambre des députés, Déi Lénk est celui qui compte le plus petit contingent d’élus. Les grands succès de la gauche radicale remontent toutefois à un passé plus lointain.

Déi Lénk s’est constituée en 1999 à la suite d’une désagrégation progressive du parti communiste luxembourgeois (KPL). La chute du mur de Berlin en 1989 a secoué le camp de la gauche radicale, qui n’a certes jamais été complètement homogène, mais dont les querelles de chapelle se sont accentuées avec la disparition du bloc soviétique.  

Face à des adhérents restés campés dans l’idéologie stalinienne, des dissidents marxistes et trotskistes créent en 1993 un nouveau mouvement intitulé Nei Lénk, qui prendra ensuite le nom de Déi Lénk.

Ces derniers se présentent en 1999 ensemble avec le KPL aux élections législatives. Ils obtiennent un peu plus de 3% des suffrages et gagnent un siège, ce qui signifie un retour au Parlement, où la gauche radicale n’était plus représentée lors de la législature précédente. 

L’entente ne tient toutefois pas longtemps: le divorce est consommé et la concurrence entre les deux listes aux élections de 2004 fait perdre le mandat conquis cinq ans plus tôt. Déi Lénk remonte la pente en 2009 en récupérant le siège perdu et parvient à gagner un mandat supplémentaire en 2013 tout en récoltant pas loin de 5% des suffrages, leur meilleur score obtenu jusqu’à présent.

Représentant de la gauche radicale

Longtemps, la gauche radicale a constitué une force politique non négligeable dans le paysage politique luxembourgeois d’après-guerre. En 1945, les communistes décrochent cinq sièges à la Chambre des députés, qui en compte alors 50 au total, soit 10% de l’ensemble des élus. 

En 1968, le KPL compte six élus sur un total de 56 députés. Le scrutin de 1979 sonne le début d’un déclin inexorable: le parti parvient encore à sauver deux mandats, qu’il conserve lors des élections suivantes. En 1989, il ne remporte plus qu’un siège. Ce dernier sera définitivement perdu lors du scrutin de 1994.

Si le KPL crut encore faire illusion en 1999 en s’associant avec Déi Lénk, il ne compte plus d’élus parlementaires depuis bientôt 20 ans et le nombre d’élus communaux est tombé à un niveau très modeste. Le parti Déi Lénk est dès lors devenu la principale force politique de la gauche radicale, en tentant de grignoter du terrain sur la gauche du LSAP.

Une figure emblématique

Au cours des élections successives, la gauche s’est principalement appuyée sur la figure emblématique d’André Hoffmann. Député communiste de 1990 à 1994, il joue un rôle prépondérant dans la création du nouveau parti pour lequel il est élu en 1999 à la Chambre des députés

C’est à nouveau lui qui est élu en 2009 quand Déi Lénk parvient à récupérer le siège perdu cinq ans auparavant. Il met fin à sa carrière politique en 2011 et cède sa place à Serge Urbany

Entre-temps, la gauche est devenue un parti plus structuré et l’avenir nous dira si ce mouvement parviendra aussi à progresser sans la présence de son ancien chef de file sur ses listes.

Déi Lénk compte actuellement deux mandats, exercés par rotation comme le prévoit le parti. David Wagner et Marc Baum auront terminé la mandature 2013-2018.

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