Comment basculer dans le recrutement 3.0?

20 Avril 2018 Par Paperjam.lu
RH
La start-up Stafory a créé Vera, une intelligence artificielle qui serait capable d’interroger mille candidats simultanément.
(Photo: Fotolia)

Gagner du temps, repérer les bons profils, attirer les talents… L’intérêt des nouvelles techniques de recrutement est indiscutable. Encore faut-il trouver l’outil qui correspond le mieux à vos besoins. Et prendre toutes les précautions essentielles.

Vera est sans doute l’exemple le plus spectaculaire. On la présente comme la première DRH virtuelle. C’est évidemment exagéré, mais la promesse n’en demeure pas moins stupéfiante. Les cofondateurs de Stafory (une start-up basée à Saint-Pétersbourg) ont eu la bonne idée d’offrir un visage à leur intelligence artificielle.

Vera a donc l’allure d’une femme et la capacité de travail d’un robot. Elle scanne les sites d’emploi pour repérer des candidats, effectue une sélection selon des critères préprogrammés et assure un premier entretien d’embauche au téléphone ou en vidéo. L’IA serait ainsi capable d’interroger mille candidats simultanément! Qui dit mieux?

Une présélection en vidéo plus pertinente

Les directions des ressources humaines, bien réelles celle-ci, peuvent aussi utiliser la vidéo qui se révèle très pertinente lors de la phase de présélection des candidats. Sur Easyrecrue, par exemple, l’employeur prépare quatre à cinq questions pour tester la motivation et les compétences comportementales («soft skills»), auxquelles les postulants doivent répondre en vidéo.

Résultat, le temps consacré à la présélection serait divisé par deux. Il y aurait aussi moins de mauvaises surprises le jour de l’entretien en face à face. Pour aller encore plus loin, Easyrecrue teste actuellement une intelligence artificielle qui deviendrait le premier censeur des vidéos des candidats. 

Les réseaux sociaux pour recruter mieux et moins cher 

Les réseaux sociaux constituent un levier privilégié pour trouver les bons candidats. Beaucoup de spécialistes du recrutement, à l’image de Growth-Experts présent dans 22 pays à travers 500 experts RH, considèrent dorénavant LinkedIn comme un incontournable pour accéder à des cadres qualifiés, y compris à l’international. Mais pour dénicher les candidats «passifs», qui ne sont pas en recherche active ni présents sur LinkedIn, il faut labourer d’autres terrains et notamment Facebook.

La société Work4 en a fait sa spécialité. «Sur mobile, les utilisateurs se connectent à Facebook 5,5 fois par jour. Si c’est là que les gens passent leur temps, c’est là que les entreprises doivent aller les chercher!», argumente son CEO, Etienne Dargnies. Sur Facebook, on peut jouer la cooptation – les salariés partagent avec leurs relations les annonces de leur boîte – et utiliser le ciblage pour publier les annonces (via les posts sponsorisés) sur les pages des profils recherchés. Work4 s’appuie sur une intelligence artificielle pour affiner le ciblage.

En actionnant ces leviers, le taux de candidats qualifiés pour les postes à pourvoir grimpe à 75%, avec 90% de candidatures que l’on ne trouver nulle part ailleurs! Work4 nous a confié que l’un de ses gros clients a divisé par trois son coût de recrutement grâce à cette méthodologie (1.000 euros pour trouver le bon technicien, contre 3.000 euros auparavant).

Garantir la sécurité des données collectées

Nouvelles sources de talents, gain de temps et économies ne vont pas sans quelques contraintes. Dès lors que l’entreprise manipule des données informatiques personnelles, elle doit se conformer au règlement général sur la protection des données (RGPD). Les entreprises ont l’obligation de préciser l’usage qui sera fait des données et s’engagent à ne récolter que les informations nécessaires au recrutement.

Autre obligation, les informations sur les candidats doivent demeurer traçables. Le recruteur devient en outre responsable de la sécurité des informations personnelles collectées. En cas de perte, de vol ou de divulgation des données d’un candidat, ce dernier devra être informé dans les meilleurs délais. En cas de non-respect de la réglementation, l’entreprise risque jusqu’à 20 millions d’euros d’amendes ou 4% de son chiffre d’affaires mondial. Un sérieux pavé dans la mare pour les RH 3.0! 

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