Claude Wiseler, le coureur de fond

10 Octobre 2018 Par Laurent Moyse
Claude Wiseler et Marc Spautz, CSV
Claude Wiseler (ici lors d’un meeting électoral) doit écouter ses troupes, toujours échaudées par la cure d’opposition entamée en 2013.
(Photo: Patrick Galbats / archives)

À 58 ans, Claude Wiseler est peut-être à un tournant de sa carrière politique. Si les résultats des élections concordent avec les sondages, il serait assurément le mieux placé pour revendiquer le poste de chef de gouvernement. Retour sur son parcours.

Après le passage – inattendu pour de nombreux militants – du CSV dans l’opposition en 2013, Claude Wiseler a su garder la tête froide. Une fois le choc digéré, il s’est projeté assez rapidement vers l’avant et a succédé en octobre 2014 comme chef du groupe parlementaire chrétien-social à Jean-Claude Juncker, une fois ce dernier appelé à assumer la présidence de la Commission européenne à Bruxelles.

L’expérience politique, il est vrai, parle pour Claude Wiseler: pendant 10 ans, il a occupé des postes ministériels, d’abord de 2004 à 2009 en tant que ministre de la Fonction publique, de la Réforme administrative et des Travaux publics, puis de 2009 à 2013 comme ministre du Développement durable, qui comprenait les Travaux publics, le Transport, l’Environnement et l’Aménagement du territoire. Des ressorts importants donc, qu’il a assumés sous la coalition CSV-LSAP du tandem Juncker-Asselborn et qui l’ont confronté aux grands et petits obstacles de la vie politique quotidienne luxembourgeoise. Auparavant, il s’était déjà frotté aux responsabilités de la politique communale comme échevin de la Ville de Luxembourg de 2000 à 2004.

Choix politique assumé

Cet homme politique au ton feutré a vite compris que le passage dans l’opposition du plus grand parti à la Chambre des députés ne devait pas mener à un esprit revanchard à l’égard des trois formations politiques formant l’actuelle majorité. D’une part, l’arrogance de certains caciques du parti a déjà plus d’une fois joué des tours à cette formation de droite, et d’autre part, le CSV devra nécessairement s’appuyer sur un partenaire de coalition en cas de retour au pouvoir.

Le passage des chrétiens-sociaux dans l’opposition en 1974 avait déjà marqué le lycéen qu’il était à l’époque et influencera sa décision d’adhérer plus tard au CSV. Un choix qui le fit pencher politiquement du côté maternel, étant donné que sa mère avait des convictions ancrées au sein de ce parti, tandis que sa famille paternelle était davantage arrimée à l’idéologie libérale, son grand-père et son arrière-grand-père ayant tous deux assumé la charge de bourgmestre sous les couleurs libérales.

Prendre les devants

L’ambition de Claude Wiseler est de ramener le CSV au pouvoir à l’issue des élections de ce mois d’octobre. Il a déclaré très tôt sa candidature pour devenir tête de liste aux élections législatives, ne serait-ce que pour couper court à toute discussion sur la relève après le départ de Jean-Claude Juncker, dont l’empreinte a été profonde sur le parti au cours des 20 dernières années. Il a aussi voulu devancer le retour sur la scène politique nationale de deux autres cadors, Luc Frieden, parti un temps à Londres pour conseiller la Deutsche Bank, et Viviane Reding, dont le poste de commissaire à Bruxelles a procuré une visibilité certaine dans le cénacle politique.

Certaines critiques jugent Claude Wiseler un peu timoré, surtout lorsque le débat a tendance à s’échauffer, d’autres regrettent qu’il ne tranche pas plus rapidement dans certains dossiers. Ce dernier n’hésite cependant pas à hausser le ton quand les circonstances l’exigent. Au soir du 14 octobre, il pourrait faire taire les plus circonspects au cas où son parti atteindrait son objectif principal.

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