C’est un «no» pour Theresa May

16 Janvier 2019 Par Ioanna Schimizzi
Theresa May a annoncé qu’elle ne démissionnerait pas et qu'elle restait «concentrée sur la mise en œuvre du Brexit».
Theresa May a annoncé qu’elle ne démissionnerait pas et qu’elle resterait «concentrée sur la mise en œuvre du Brexit».
(Photo: Shutterstock)

Lourde défaite pour la Première ministre du Royaume-Uni. Les députés britanniques ont rejeté ce mardi son accord de sortie de l’UE, à 432 voix contre 202, et ce à 10 semaines du Brexit. Une motion de censure a été déposée dans la foulée par Jeremy Corbyn, chef du Labour.

432 voix contre 202. C’est le résultat du vote qui a eu lieu ce mardi soir, à la Chambre des communes britannique. Les députés britanniques ont massivement rejeté l’accord de Brexit négocié par Theresa May avec l’Union européenne. Les députés conservateurs de son propre parti – 118 sur un total de 317, soit quasiment un sur trois – ont également voté contre l’accord.

Une défaite historique – la plus lourde essuyée par un dirigeant britannique depuis les années 1920 – qui était attendue, et Theresa May doit désormais faire face, ce mercredi à 20h (19h GMT), au vote d’une motion de censure, présentée par Jeremy Corbyn, chef du Labour, dans la foulée du vote sur le Brexit. Reste à savoir si les députés tories s’allieront à l’opposition, et prendront ainsi le risque de perdre le pouvoir.

Theresa May a déjà survécu à un vote de défiance en décembre dernier, organisé par son propre parti conservateur.

Quelles issues désormais?

Plusieurs scénarios se dessinent désormais pour l’avenir du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne. Fidèle à sa réputation de résilience, Theresa May a d’ores et déjà annoncé qu’elle ne démissionnerait pas et qu’elle resterait «concentrée sur la mise en œuvre du Brexit», selon un porte-parole de Downing Street cité par plusieurs agences de presse.

La chef du gouvernement britannique a désormais, si elle survit à la motion de censure travailliste, jusqu’à lundi pour présenter un «plan B». Elle peut retourner négocier à Bruxelles et demander un report de la date du Brexit – prévue au 29 mars prochain. Un divorce sans accord – fameux «no deal» – est aussi, désormais, envisageable. Organiser un second référendum reste également une option pour certains observateurs europhiles, qui espèrent pouvoir inverser le résultat de la consultation du 23 juin 2016.

Les réactions 

Les différents dirigeants européens n’ont pas tardé à réagir ce mardi soir. Dans un tweet, Donald Tusk, président du Conseil européen, s’est ainsi interrogé: «Si un accord est impossible, et que personne ne veut un ‘non-accord’, alors, qui aura finalement le courage de dire quelle est la seule solution positive?»

 

Un sentiment de regret également partagé par Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, et le Premier ministre Xavier Bettel.

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