C Finance, une fintech finlandaise au gros appétit

23 Juin 2018 Par Jonas Mercier
Atte Suominen (à gauche), le CEO de C-Finance, et Jarno Partanen, le fondateur, dans leur bureau de la Lhoft.
Atte Suominen (à gauche), le CEO de C Finance, et Jarno Partanen, le fondateur, dans leur bureau de la Lhoft.
(Photo: DR)

Fondée en 2005 dans la petite ville nordique de Seinäjoki, l’entreprise spécialisée dans le crédit à la consommation a installé son quartier général au Luxembourg l’année dernière. Elle travaille depuis à une stratégie pour attaquer de nouveaux marchés, qu’elle dévoilera en septembre.

Dans leur petit bureau de la Lhoft, une mappemonde géante recouvre tout un mur. Atte Suominen, le CEO de C Finance, se contente de la montrer, un petit sourire en coin, lorsqu’on lui pose la question de ses ambitions internationales. «Je ne dirais pas que nous sommes trop confiants», corrige-t-il toutefois. «Mais plutôt que nous n’avons pas peur de travailler dur pour atteindre nos objectifs.»

Il faut dire que C Finance n’a rien d’une novice sur le marché des fintech. Fondée en 2005 dans la petite ville finlandaise de Seinäjoki, l’entreprise offre des prêts à la consommation en se basant sur un système de notation complexe, basé sur le recoupement de nombreuses données, qu’elle a elle-même développé.

Elle compte aujourd’hui 350.000 clients, à qui elle a prêté 28 millions d’euros l’année dernière, pour un chiffre d’affaires de 7,5 millions d’euros. «Nous avons été profitables dès 2006», lâche Jarno Partanen, le fondateur et président de la société.

La Lhoft a pesé dans la balance

Présente sur les marchés finlandais et suédois, C Finance rêve maintenant de se développer dans toute l’Europe. La première étape de cette expansion a été d’établir son siège au Luxembourg, l’année dernière. Aujourd’hui, elle compte quatre employés au Grand-Duché, en plus de la vingtaine localisée en Finlande.

«Nous avons d’abord pensé à Londres ou Francfort, mais Luxembourg était également dans notre viseur», explique Jarno Partanen. «C’est en rencontrant les responsables de la Lhoft que j’ai su que c’était ici qu’il fallait venir.»

Depuis, la petite équipe travaille sur sa stratégie d’internationalisation. Si elle accorde des crédits sous sa propre marque en Finlande et en Suède, elle ne prévoit pas forcément d’adopter la même approche pour conquérir de nouveaux marchés. Le partenariat, notamment avec les banques, est une piste qui lui semble plus appropriée.

Un centre de R&D au Luxembourg

«Le secteur des fintech a beaucoup évolué depuis notre création et ceux qui étaient hier nos concurrents ne le sont plus forcément aujourd’hui», continue Jarno Partanen. «Nous voulons nous démarquer grâce à une expertise plus poussée encore.» Pour cela, C Finance va créer un centre de recherche et développement au Luxembourg et travailler en collaboration avec l’Université.

Trois développeurs et analystes sont en cours de recrutement. Il y en aura certainement plus dans les années à venir. Atte Suominen est conscient des difficultés pour trouver ce genre de profils, mais ça ne lui fait pas peur. «Nous avons les mêmes problèmes en Finlande. Nous essayons de former nos propres spécialistes. C’est aussi pour cela que nous souhaitons collaborer avec l’enseignement supérieur.»

En attendant, la petite équipe de C Finance continue de travailler à sa stratégie d’internationalisation. «Nous avons fait beaucoup de recherches devant nos ordinateurs et nous avons quelques pays en vue, mais nous devons maintenant aller sur le terrain, car c’est important avant de prendre une décision», ajoute Atte Suominen. Le Luxembourg? Peut-être. «Nous donnerons plus de détails au mois de septembre.»

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