Bruxelles défend la place des ordinateurs en cabine

18 Mai 2017 Par Jean-Michel Hennebert
avion
Avec quelque 500 vols quotidiens vers les États-Unis au départ de l’Union européenne, l’introduction de restrictions aura un coût estimé à quelque 900 millions d’euros par l’Iata.
(Photo: Licence CC)

Responsables européens et américains se sont réunis mercredi à Bruxelles pour évoquer l’éventuelle interdiction des principaux appareils électroniques lors des vols reliant l’Europe aux États-Unis. Le désaccord semble profond en dépit «des nouvelles menaces terroristes».

Évoquée pour la première fois début mai par l’administration Trump, l’idée d’interdire l’utilisation de «tout appareil électronique plus grand qu’un téléphone portable» sur les vols vers les États-Unis depuis l’Europe se trouve au cœur d’un nouveau conflit entre Européens et Américains. Preuve en est la conclusion de la réunion de quatre heures qui s’est tenue mercredi à Bruxelles entre les commissaires Dimitris Avramopoulos (affaires intérieures) et Violeta Bulc (transports), secondés par des experts de sept pays membres (Allemagne, Espagne, France, Italie, Irlande, Pays-Bas et Royaume-Uni) et la délégation américaine conduite par la vice-ministre américaine du département de la sécurité intérieure, Elaine Duke.

Dans un bref communiqué publié mercredi soir, la Commission indique que la réunion n’a porté que sur «un échange d’informations» afin de garantir la sécurité des passagers tout en assurant la fluidité du trafic de part et d’autre de l’Atlantique. Et non sur un accord de coopération au sujet des «gros appareils électroniques dans les bagages enregistrés», selon les termes du communiqué officiel. Car si Washington souhaite élargir une mesure déjà appliquée depuis mars sur les vols en provenance de huit pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord – soit quelque 350 vols hebdomadaires - Bruxelles rappelle que la mesure pourrait avoir de forts impacts économiques puisque concernant potentiellement 10 fois plus de vols.

Nouvelle réunion prévue la semaine prochaine

Selon les données du Conseil international des aéroports, plus de 3.600 vols issus de 59 aéroports européens desservent les États-Unis chaque semaine - soit quelque 500 vols quotidiens -, dont 90% des passagers transporteraient des appareils considérés comme à risque par les États-Unis. Selon l’organisation du transport aérien international (Iata), interrogée par l’agence Bloomberg, le coût de la mesure serait estimé à près de 900 millions d’euros, en lien direct avec les retards et les difficultés de mise en place des procédures de contrôle. Les professionnels du secteur s’interrogent également sur les risques engendrés par l’accumulation de batteries au lithium en soute, notamment en matière d’incendie.

Face à cette situation, Alexandre de Juniac, directeur de l’Iata, plaide pour la mise en place de mesures alternatives, comme l’utilisation de nouveaux détecteurs d’explosifs, de chiens renifleurs ou de programmes destinés à mieux identifier les passagers «à risque». Une nouvelle réunion entre Européens et Américains est d’ores et déjà prévue la semaine prochaine à Washington pour tenter de mettre sur pied une mesure de protection commune. Le renforcement des critères de sécurité voulu par Washington fait suite à la transmission d’informations venues probablement d’Israël sur les nouveaux modes opératoires de l’État islamique qui envisageraient de remplacer les batteries des ordinateurs portables et autres tablettes par des charges explosives.

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