BGL BNP Paribas optimiste pour la zone euro

03 Juillet 2018 Par Jean-Michel Lalieu
Yves Nosbusch: «Les grands indicateurs de confiance reculent, mais on partait de très haut.»
(Photo: Anthony Dehez / archives)

Le chef économiste de BGL BNP Paribas, Yves Nosbusch, reste optimiste pour l’économie mondiale et donc pour l’Europe. Si des risques existent, il ne les voit pas perturber la sérénité actuelle. La croissance en zone euro devrait être de 2,2% cette année.

La période est à nouveau très incertaine. Après une année 2017 faste, les chiffres de la croissance se sont légèrement tassés au cours du premier trimestre. Un constat chiffré qui peut amener de l’inquiétude, d’autant que, parallèlement, grossit le spectre d’une guerre commerciale internationale, initiée par l’Amérique de Trump.

Commentant cette situation face à la presse ce mercredi matin, Yves Nosbusch, chief economist de BGL BNP Paribas, tempère ce sentiment de crainte. «On observe effectivement un net repli des grands indicateurs de confiance depuis le début de l’année en zone euro, mais on partait de très haut.»

L’indice composite PMI a effectivement chuté, mais reste au-delà de la valeur 50, ce qui indique que les responsables d’entreprise croient encore en une période d’expansion.

Hausse de l’inflation

«Au niveau de la croissance de la zone euro, nous tablons sur une performance de 2,2% cette année, après une année 2017 clôturée avec une progression de 2,6%», poursuit l’économiste. Au niveau des États-Unis, elle devrait atteindre 3% cette année (2,3% en 2017) grâce aux baisses d’impôt. Mais ça ne devrait être qu’un feu de paille. Pour 2019, elle serait plutôt de 2%.

Dans les éléments dominants du moment, Yves Nosbusch pointe aussi l’augmentation progressive de l’inflation. Pour la zone euro, les services de BGL BNP Paribas tablent pour cette année sur un taux de 1,8% contre 1,5% en 2017.

«Cette inflation est fortement liée à la hausse des prix du pétrole», explique-t-il. «Mais il existe des signes d’une hausse plus structurelle et durable.» L’inflation «core» – sans les prix du pétrole et les biens alimentaires – pointe plutôt vers 1%, mais elle pourrait arriver à 1,5%. La raison? «Le chômage diminue en zone euro, entraînant une pression sur les salaires.»

Dans son scénario central – celui qui a le plus de chance de se produire –, BGL BNP Paribas se montre «plutôt optimiste». «Le ralentissement en zone euro n’a rien de dramatique, même s’il sera un peu plus marqué en 2019», estime son chef économiste.

La hausse des tarifs douaniers concerne surtout des secteurs très visibles, symboliques.

Yves Nosbusch, chef économiste de BGL BNP Paribas

Il reconnaît aussi que des risques existent, qui pourraient perturber la sérénité actuelle, mais il ne les inclut pas non plus dans son scénario de base. Il en pointe en tout cas deux: la montée des tarifs douaniers et la menace consécutive d’une guerre commerciale; la remontée rapide de l’inflation aux États-Unis.

«Actuellement, la hausse des tarifs douaniers concerne surtout des secteurs très visibles, symboliques, mais qui ne pèsent pas très lourd dans le PIB», précise Yves Nosbusch. Quant à l’inflation aux States, si elle s’amplifie, dans un contexte de quasi plein emploi, suite aux décisions de la Fed, elle pourrait poser problème à des pays endettés en dollars, notamment parmi le groupe des économies émergentes.

Mais le mot d’ordre reste la confiance et, surtout, de réduire les incertitudes qui poussent les entreprises à repousser leurs investissements. Ce qui, à terme, peut gripper la mécanique.

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Bertrand Schmeler, senior vice president private banking chez CBP Quilvest.

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