À la conquête de l’Amérique

15 Septembre 2016 Interviewé par Florence Thibaut
Les deux fondateurs de Talkwalker (ici à gauche, Christophe Folschette) ont su s’entourer de profils de pointe.
Les deux fondateurs de Talkwalker (ici à gauche, Christophe Folschette) ont su s’entourer de profils de pointe.
(Photo: Mike Zenari)

Créée par Thibaut Britz et Christophe Folschette en 2009, Talkwalker double chaque année en effectifs et en chiffre d’affaires. L’outil d’intelligence sociale emploie aujourd’hui 100 personnes et sert cinq grands marchés, dont les États-Unis, depuis Luxembourg.

En croissance continue des deux côtés de l’Atlantique, Talkwalker est un outil de recherche et d’analyse des médias sociaux. Contenus textuels, logos, images et bientôt vidéos sont scrutés par ses soins tous les jours pour plus de 500 clients, de Benetton à KPMG. Reconnue par Twitter comme certified partner en juin 2014, la société n’affronte aujourd’hui qu’une poignée de concurrents à l’échelle mondiale.

Si ses marchés principaux sont le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, les États-Unis et l’Italie, Talkwalker est aussi présente en Asie, en Amérique latine ou au Moyen-Orient. Fondée en 2009 par un tandem luxembourgeois, Thibaut Britz (CTO) et Christophe Folschette (global sales director), la société conserve d’importantes racines au Luxembourg. C’est ici qu’est géré l’ensemble de l’IT et la R&D.

Monsieur Folschette, comment expliquez-vous l’engouement pour Talkwalker?

«Dès le départ, Thibaut et moi sommes parvenus à recruter les bonnes personnes. Ainsi, quelques mois après notre création, Robert Glaesener, doté d’une expertise très complémentaire à la nôtre, nous a rejoints. La puissance de notre équipe, qui double chaque année, explique une bonne partie de notre succès. Nous sommes une centaine aujourd’hui, de près de 21 nationalités. D’ici la fin de l’année, 20 autres personnes vont nous rejoindre. La performance de notre outil est une autre source d’explication. Notre technologie peut aujourd’hui scanner 150 millions de sources web, et ce en temps réel et dans 187 langues.

La moitié de votre équipe se consacre au développement de l’outil. Comment va-t-il évoluer?

«Si la base est restée la même, la palette de fonctionnalités proposée (carte de viralité, tableaux de bord prédéfinis, etc.) a été étendue. La solution évolue avec les clients. En mars, par exemple, nous avons mis en place un système de scan de 30.000 logos. La prochaine étape, d’ici 2017, est l’analyse de l’exposition de marques sur vidéo, qui offre une vraie valeur ajoutée. Des prototypes existent et nous sommes en phase pilote avec quelques clients.

Ressentez-vous toujours l’esprit entrepreneurial du début?

«Objectivement, nous ne sommes plus une start-up. Nous avons une centaine d’employés, une présence toujours plus importante dans différents marchés, de nombreux clients... On est loin du petit bureau surchauffé de nos débuts ! En dépit de notre taille, nous sommes toujours aussi passionnés. J’espère que cet état d’esprit de battants qui est caractéristique des start-up nous accompagnera encore longtemps.

Depuis votre création, comment avez-vous vu évoluer l’écosystème start-up au Luxembourg?

«On sent une vraie prise de conscience de l’importance d’aider les jeunes acteurs innovants. Nous en sommes une bonne illustration. Nous avons été soutenus par le Technoport, puis fait partie d’un incubateur. Cela nous a mis le pied à l’étrier. Si, à notre création, il n’y avait quasiment que Mangrove Capital Partners comme business angel, l’infrastructure financière et logistique s’est structurée.

En quoi est-ce un atout d’être basé au Luxembourg?

«Dès notre création, nous avons été encouragés, que ce soit par Luxinnovation ou le ministère de l’Économie. Être ici nous permet de rester proches du gouvernement. Ensuite, le marché luxembourgeois est pour nous une excellente plateforme pour attaquer l’ensemble de l’Europe. Le pays est également un important vivier de compétences. Son multilinguisme est un important atout. En Allemagne, on nous croit allemands, en France, on nous pense français.

De nombreuses start-up peinent à trouver des investisseurs. Quel a été votre parcours en matière de financement?

«Dès le départ, nous avons misé sur du financement privé. Nous avons investi, Thibaut et moi, dans la société. Robert est ensuite aussi devenu actionnaire. En 2013, nous avons réussi une levée de fonds qui nous a permis de réunir trois millions d’euros auprès d’investisseurs luxembourgeois. Nous nous préparons, dans les prochains mois, à répéter l’exercice à l’international.

Vous avez fondé un bureau à New York en février 2015, vous-même y passez 50% de votre temps, comment attaquez-vous le grand marché américain?

«Nous avons choisi de nous concentrer sur New York et le New Jersey, puis sur la Côte Ouest, même si nous avons des clients ailleurs. Notre bureau new-yorkais est une antenne commerciale. Il se développe bien et emploie 10 personnes. À la fin de l’année, ce chiffre passera à 19. Todd Grossman, notre CEO, y travaille. Le potentiel de croissance de l’outil, en marketing, communication ou recherche, est encore immense, aux États-Unis comme ailleurs. Notre plan pour 2017 est de continuer à doubler.»

Découvrez aussi la fiche détaillée de Talkwalker.

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